« Rêver sous le capitalisme » : quand le système hante jusqu’aux nuits

Par Tënk & Mediapart

Douze personnes racontent un rêve. Elles sont au bureau, à l’usine, et la scène tourne au cauchemar. Dans ce documentaire très élaboré, poétique et politique, Sophie Bruneau recueille la parole de ceux qui expriment ainsi leur malaise dans leur profession. En partenariat avec Tënk, plateforme du documentaire d’auteur.

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On connaît les tendinites, les douleurs musculo-squelettiques, les cancers dus au travail, les corps abîmés. Les burn out aussi et les dépressions. Mais le malaise au travail imprime également l’inconscient et s’exprime dans les rêves. Ces douze rêveurs, qui les racontent face à la caméra ou parfois en voix off sur des images d’immeubles de bureaux ou de chantiers urbains tout aussi oniriques, décrivent pourquoi, selon eux, ces scènes ont envahi leur sommeil. Comme un écho du quotidien où les conditions de travail sont humiliantes, éreintantes, absurdes, insupportables. Sophie Bruneau, anthropologue de formation, a mis trois ans à faire ce film. Inspirée par le livre Rêver sous le IIIe Reich, de Charlotte Beradt, la réalisatrice raconte, dans une interview diffusée par Arte, avoir voulu montrer « une expérience subjective du capitalisme ».