Un «Verrou» sur le corps des femmes

Trois Tunisiennes. Trois récits de femmes qui ont connu le « tasfih », un sortilège qui prétend protéger de toute pénétration, désirée ou subie, avant le mariage. Les réalisatrices Leila Chaïbi et Hélène Poté parviennent à dire l’emprise d’une société sur le corps des femmes et à saisir le paradoxe de ce « verrou ». En partenariat avec Tënk.

Tënk & Mediapart

6 février 2021 à 16h43

Houda, Mabrouka et Faouzia sont des femmes d’âge et de conditions sociales très différents. Mais toutes ont vécu le cérémonial du tasfih : enfants, elles ont été « fermées » puis, à la veille de leur nuit de noces, « ouvertes ».
Mais de quoi protège ce sortilège ? À écouter Houda, Mabrouka et Faouzia parler de leur corps, de la place des femmes dans l’intimité, la famille et la société tunisienne, on entend que, plus que l’injonction à arriver vierge au mariage, le tasfih apaise les mères face au risque d’agression de leur fille, préserve les femmes de l’emprise que les hommes pensent avoir sur leur corps.
Tiraillée entre tradition et désir d’émancipation, la femme ainsi « protégée » peut paradoxalement se sentir plus libre, notamment face à l’obscurantisme.
Il a fallu des années aux deux réalisatrices pour parvenir à tourner ce documentaire très sensible où chaque femme aborde la question de la liberté à son échelle, en fonction de son histoire. Et si les réalisatrices ont choisi d’intégrer quelques scènes de fiction dans leur film, ces moments soulignent délicatement le courage qu’il a fallu à Houda, Mabrouka et Faouzia, pour parler d’un tabou encore présent en Tunisie.

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