Marine Le Pen, le procès d'une vie

Le 18 juillet 2013, Mediapart révèle que Marine Le Pen emploie comme assistant au Parlement européen son compagnon de l’époque, Louis Aliot, généreusement rémunéré avec de l’argent public. On l’ignore alors, mais il ne s’agit que de la première pièce d’un système bien plus large, qui profite au parti et à ses cadres.

Treize ans plus tard, Marine Le Pen joue son avenir politique devant la cour d’appel de Paris : en première instance, elle a été condamnée pour détournement de fonds publics à quatre ans de prison, dont deux ferme, ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité immédiate.

L’enjeu est immense : si la peine est confirmée, Marine Le Pen ne pourra pas se présenter à la prochaine élection présidentielle, elle qui pensait son heure arrivée.

Retrouvez ici tous les éléments permettant de comprendre les enjeux du procès d’une femme et d’un parti cernés par les affaires, alors qu’ils prétendaient incarner la probité.

II. Ne manquez rien de l’affaire

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Retrouvez tous les week-ends une sélection de nos meilleures enquêtes, et découvrez les coulisses de nos révélations.

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  • Marine Le Pen

    La fille de Jean-Marie Le Pen est visée à double titre : comme eurodéputée ayant rémunéré trois assistants et comme présidente d’un parti ayant mis en place un système présumé d’emplois fictifs aux dépens du Parlement européen. Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme, et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

  • Louis Aliot

    Le maire de Perpignan doit répondre de l’emploi d’un de ses assistants au Parlement européen de 2014 à 2015. Louis Aliot a par ailleurs été l’assistant parlementaire européen de Marine Le Pen de 2011 à 2014 tout en étant vice-président du Front national (FN) et avocat. Il a été condamné à dix-huit mois de prison, dont six mois ferme, et à trois ans d’inéligibilité sans exécution provisoire.

  • Julien Odoul

    Député Rassemblement national (RN) de l’Yonne, il a été rémunéré comme assistant parlementaire de la députée européenne Mylène Troszczynski de 2014 à 2015, alors qu’il travaillait en réalité pour Marine Le Pen, alors présidente du RN, en tant que « conseiller spécial ». Julien Odoul a été condamné à huit mois de prison avec sursis et à un an d’inéligibilité sans exécution provisoire.

  • Wallerand de Saint Just

    Ancien trésorier, directeur financier et des ressources humaines du FN, il était au cœur du système jugé. Il avait confectionné un tableau recensant les permanents salariés par le parti et ceux qui étaient payés « autrement », avec la mention « Europe ». Il a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, et à trois ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

  • Nicolas Bay

    Ancien vice-président du FN, député européen depuis 2014, il se voit reprocher le contrat d’assistant de Timothée Houssin, alors permanent au FN. Il a fourni des revues de presse pour justifier du travail de cet assistant, qui se sont révélées antidatées. Il a été condamné à un an de prison, dont six mois ferme, et à trois ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

  • Bruno Gollnisch

    Proche de Jean-Marie Le Pen, cet ancien numéro deux du FN se voit reprocher d’avoir, lorsqu’il était eurodéputé de 2005 à 2016, salarié en tant qu’assistants parlementaires trois permanents du parti d’extrême droite. Bruno Gollnisch a été condamné en première instance à trois ans de prison, dont un an ferme, et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

  • Catherine Griset

    Assistante historique et amie proche de Marine Le Pen, elle a été payée sur fonds européens entre 2008 et 2016, avec plusieurs contrats successifs d’assistante parlementaire de la patronne du RN. Elle est devenue elle-même eurodéputée en 2019. Catherine Griset a été condamnée à un an de prison avec sursis et à deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

  • Nicolas Crochet

    Expert-comptable attitré du parti lors de ses campagnes, il doit répondre en tant que tiers payant des contrats et salaires des assistant·es européen·nes sur la période 2012-2016. Nicolas Crochet a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, et à une interdiction d’exercer une activité de tiers payant pendant quatre ans avec exécution provisoire.

  • Le parti

    D’après l’enquête, le système de faux assistants et assistantes a permis au RN de diminuer sa masse salariale. En première instance, le parti a été condamné à 2 millions d’euros d’amende, dont un avec sursis, et à la confiscation de 1 million d’euros déjà saisi. Le RN a déjà été condamné définitivement en 2024 pour recel d’abus de biens sociaux dans l’affaire des « kits de campagne ».

  • Fernand Le Rachinel

    Fernand Le Rachinel, 82 ans, a été l’imprimeur historique du FN puis du RN. Condamné en première instance à deux ans de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité, il lui est reproché, en tant que député européen, d’avoir fictivement salarié comme assistant·es la secrétaire personnelle et le garde du corps de Jean-Marie Le Pen, entre 2005 et 2009.

  • Timothée Houssin

    Timothée Houssin, 37 ans, actuel député RN de l’Eure, a été condamné en première instance à six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité sans exécution provisoire. Entre juillet 2014 et mars 2015, alors qu’il était permanent au FN, il avait été salarié comme assistant parlementaire de l’eurodéputé Nicolas Bay pour un montant de 39 000 euros.

  • Jeanne Pavard

    Jeanne Pavard a été condamnée en première instance à huit mois de prison avec sursis pour recel de détournement de fonds publics. Elle a été l’assistante de l’eurodéputé Jean-François Jalkh. Elle s’est désistée de son appel. La décision de première instance est donc définitive au plan pénal. La cour d'appel n’examinera que le volet civil de sa condamnation.

  • Guillaume L’Huillier

    Salarié comme assistant parlementaire de Marine Le Pen de 2009 à 2011, il était en fait le directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen à Montretout (Hauts-de-Seine). Il a été condamné en première instance à une peine d'un an de prison avec sursis et à une peine complémentaire de deux ans d'inéligibilité sans exécution immédiate.

  • Jordan Bardella

    Jordan Bardella n’a jamais été judiciairement mis en cause dans ce dossier. La justice a estimé qu’il avait réellement travaillé pendant quatre mois et demi, à mi-temps, comme assistant de son député Jean-François Jalkh. Mais selon Libération, en 2018, un faux agenda et des revues de presse annotés à la main ont été confectionnés a posteriori pour le couvrir.

  • Jean‑Marie Le Pen

    L’ancien président du Front national aurait dû comparaître pour détournements de fonds publics aux côtés de sa fille et d’anciens assistants parlementaires qu’il employait. Mais en raison de son état de santé dégradé, son cas a été disjoint. Le Parlement européen lui avait demandé de rembourser 320 000 euros. Jean-Marie Le Pen est mort le 7 janvier 2025.

  • Jean‑François Jalkh

    Membre historique du Front national, dont il fut le vice-président entre 2012 et 2018, il aurait dû comparaître devant le tribunal en tant qu’ancien assistant de Jean-Marie Le Pen. Mais victime d’un accident vasculaire cérébral, il est paralysé et ne peut plus parler, ce qui l’a empêché d’être jugé dans cette affaire, dès le procès en première instance.

V. Nos journalistes racontent comment ils ont révélé l’affaire

À l’été 2013, Ludovic Lamant vient de s’installer à Bruxelles comme correspondant de Mediapart. La création du poste est surtout guidée par la crise des dettes souveraines et les menaces qui pèsent sur l’euro. Mais le journaliste va rapidement s’intéresser à un autre sujet : les assistants de Marine Le Pen. Retrouvez les coulisses de cette enquête que nous avions racontées dans notre newsletter hebdomadaire.

Découvrir les coulisses

VI. Les questions que vous nous posez le plus souvent autour de cette affaire

Pourquoi peut-on parler d’enrichissement personnel dans cette affaire ?

Marine Le Pen et les cadres du parti le répètent dès qu’un micro leur est tendu : « Dans cette affaire, il n’y a pas un centime d’enrichissement personnel. » Lors du procès, le parquet a démonté cet élément de langage visant à minimiser la gravité des faits.

Au Parlement européen, les rémunérations des assistant·es varient fortement selon leur rôle et leur niveau de responsabilité. Mais, en moyenne, les juniors gagnent entre 2 500 et 3 500 euros brut par mois, tandis que les seniors peuvent percevoir des salaires allant jusqu’à 6 000 euros brut par mois.

Or les cadres du FN ont touché des montants très élevés au regard de ces standards. En 2011, Marine Le Pen a embauché comme assistants ses deux vice-présidents et directeurs de campagne présidentielle : son compagnon de l’époque, Louis Aliot (pendant trois ans), et son bras droit, Florian Philippot (durant les campagnes de la présidentielle et des législatives), qui ont respectivement été rémunérés 5 006 euros et 5 023 euros brut pour des contrats à mi-temps – ce qui équivaudrait à un temps plein payé 10 000 euros brut.

Les exemples de grasses rémunérations sont légion. On pourrait par exemple citer celui du garde du corps Thierry Légier, officiellement reconverti comme assistant de Fernand Le Rachinel, de Jean-Marie Le Pen et enfin de Marine Le Pen entre 2005 et 2012, pour des salaires dépassant souvent les 5  000 euros brut et atteignant même 9 078 euros brut pour un temps partiel auprès de Marine Le Pen, pendant trois mois, en 2011.

Jamais le Front national n’aurait pu prendre en charge de tels salaires s’il avait dû directement rémunérer ses permanent·es, comme cela aurait dû être le cas selon le tribunal. Le parti d’extrême droite a en effet traversé des périodes de graves difficultés financières.

Tout cela a conduit le parquet à expliquer lors du procès que le système de détournements de fonds publics reproché au RN a servi « l’intérêt personnel de ses dirigeants », car il a « contribué à sécuriser une garde rapprochée fidèle et rémunérée », et a permis de « porter – aux frais du contribuable – leur carrière politique personnelle ».

« Cet enrichissement partisan est doublé […] d’un intérêt personnel direct des principaux responsables concernés et d’un enrichissement personnel de leurs proches », ont estimé les procureur·es, en soulignant que c’était une particularité de l’affaire du RN.

Pourquoi Louis Aliot a-t-il pu rester maire de Perpignan malgré sa condamnation ?

Louis Aliot, vice-président du RN, a écopé en première instance de six mois de prison ferme sous bracelet électronique, de 8 000 euros d’amende et de trois ans d’inéligibilité, mais pas immédiate, eu égard au montant relativement faible des détournements de fonds le concernant et de la courte durée du contrat.

C’est ce qui lui permet de rester maire de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Le parquet avait également demandé une peine assortie de trois ans d’inéligibilité, mais avec exécution immédiate.

Aurait-il fallu juger Jordan Bardella ?

Jordan Bardella n’a jamais été mis en cause dans ce dossier. D’une part, parce que son contrat était très court (quatre mois et demi) et à mi-temps, ce qui lui permettait d’avoir une activité auprès du parti en parallèle. D’autre part, parce que son député, Jean-François Jalkh, avait affirmé aux juges, lors de son audition en 2021, que l’assistant lui « faisait la revue de presse sur la région Grand Est » et qu’il avait « tous les justificatifs du travail effectué », « notamment ses revues de presse papier ».

Mais s’agissait-il de vrais documents ? En septembre 2024, Libération a publié des preuves de travail antidatées, mettant le président du RN en difficulté. En 2018, pour protéger Jordan Bardella, figure montante du parti dont le nom apparaissait dans l’affaire, des revues de presse et un faux agenda annotés à la main ont été confectionnés a posteriori selon le quotidien, qui a notamment retrouvé la trace d’une discussion sur l’application Messenger en 2018, entre d’anciens membres du Front national et un ancien stagiaire de Jean-François Jalkh qui affirme avoir « créé des faux dossiers pour des assistants qui n’ont jamais travaillé pour le Parlement européen ».

Jean-François Jalkh, l’eurodéputé qui employait Bardella, ne peut plus donner sa version : son état de santé s’est considérablement dégradé à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Lors de son audition en 2021, évoquant les revues de presse réalisées par son assistant, l’eurodéputé avait expliqué qu’elles étaient « paraphées de [la] main » de Bardella.

Mais le fameux agenda de l’année 2015 attribué à Bardella et censé prouver son travail a en réalité été livré au siège du Rassemblement national en 2018, soit trois ans après son contrat d’assistant.

Jordan Bardella explique que tout cela est absurde et qu’il n’a « pas eu besoin de constituer de soi-disant fausses preuves de travail » puisqu’il n’était « pas concerné par l’enquête ».

Pourquoi le tribunal a-t-il ordonné que la peine d’inéligibilité soit immédiatement appliquée à Marine Le Pen ?

L’inéligibilité est une peine complémentaire à la sanction pénale susceptible de priver un·e élu·e condamné·e de son mandat en cours et de lui interdire de se représenter à une élection pendant un temps donné. C’est l’application à l’échelon politique de ce qui existe, en droit, dans d’autres situations, par exemple un patron-voyou à qui l’on interdit de gérer une entreprise.

Au regard de la « particulière gravité » du dossier et de l’« enrichissement partisan inédit » dont est accusé le RN, dans un dossier d’une ampleur très supérieure à celui du MoDem, cette peine d’inéligibilité doit être exécutoire, a estimé le tribunal. Cela signifie qu’elle est immédiatement applicable dès l’énoncé du jugement. Faire appel ne suspend rien.

La peine d’inéligibilité a été rendue automatique par une loi de 2016, trois ans après le choc de l’affaire Cahuzac, pour les délits d’atteinte à la probité comme les détournements de fonds publics, qui sont précisément reprochés aujourd’hui à Marine Le Pen et aux cadres du RN. Les juges peuvent toutefois décider d’écarter cette peine d’inéligibilité, en motivant alors leur décision. Mais il s’agit dès lors d’une exception.

Beaucoup de politiques de tous bords se sont offusqué·es à l’unisson du fait que la justice vienne s’immiscer dans le jeu démocratique.

Mais les peines d’inéligibilité n’ont pas été créées par les magistrat·es. Elles ont été votées par des élu·es qui sont eux-mêmes le produit d’un vote démocratique. Les magistrat·es ne font qu’appliquer la loi.

Pourquoi Marine Le Pen a-t-elle pu continuer d’être députée ? Pourrait-elle être ministre ?

L’inéligibilité interdit de se présenter à une élection future. Mais elle autorise à conserver son mandat de parlementaire.

Cette étrangeté trouve sa source dans trois décisions constantes du Conseil constitutionnel qui, en 2009, 2021 et 2022, a créé puis conforté un régime d’exception pour les peines d’inéligibilité exécutoire prononcées contre des parlementaires. Or Marine Le Pen est actuellement députée du Pas-de-Calais.

Par trois fois, donc, sans expliquer pourquoi, le Conseil a assuré sommairement que « l’exécution provisoire de la sanction privant M. X de son droit d’éligibilité est sans effet sur le mandat parlementaire en cours ».

Dans la première décision du genre en 2009, les membres de l’institution écrivaient même qu’« il n’appartient pas au Conseil constitutionnel […] de constater la déchéance d’un parlementaire de son mandat du fait d’une inéligibilité assortie de l’exécution provisoire dès lors que cette condamnation n’est pas devenue définitive ».

La situation est d’autant plus incompréhensible que ce régime d’exception pour les parlementaires ne profite pas aux élu·es locaux (maires, président·e de département ou de région, conseiller ou conseillère, etc.), ainsi qu’en a décidé de son côté le Conseil d’État. C’est pourquoi Marine Le Pen, tout en restant députée, a perdu son mandat de conseillère départementale du Pas-de-Calais.

Si elle était déclarée de nouveau inéligible en appel, Marine Le Pen ne pourrait pas se présenter à une nouvelle élection. la route serait barrée pour la présidentielle comme pour les législatives. En revanche, sur le papier, rien n’interdirait à un·e président·e de la nommer première ministre ou membre d’un gouvernement.

Pourquoi Marine Le Pen a-t-elle été condamnée et pas François Bayrou, dans l’affaire des assistants du MoDem ?

Le dossier des assistants du RN ressemble beaucoup à celui du MoDem de François Bayrou, jugé en février 2024, dans lequel huit personnes avaient été condamnées ainsi que le parti lui-même, en première instance, alors que le président de la formation centriste avait bénéficié, pour sa part, d’une relaxe.

Cette affaire doit être rejugée par la cour d’appel de Paris, le parquet, qui avait réclamé contre le patron du MoDem la peine la plus lourde (trente mois de prison avec sursis, 70 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité avec sursis), ayant fait appel du jugement. Mais le procès en appel n’a pas encore été programmé.

Sur le papier, le dossier du RN est plus lourd que celui du MoDem pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le nombre de contrats litigieux est plus important. Dans sa dénonciation initiale, en mars 2015, le président du Parlement européen, Martin Schulz, faisait état d’un préjudice annuel de 1,5 million d’euros pour son institution, en ciblant vingt contrats d’assistant·es de seize député·es européen·nes RN qui travaillaient en réalité au siège du parti. Au fil de l’enquête judiciaire, le Parlement européen a revu son préjudice à la baisse, à hauteur de 3,2 millions d’euros pour l’ensemble de la période concernée, de 2004 à 2016 – une somme sur laquelle 1,1 million a déjà été remboursé avant le procès.

Au total, onze ancien·nes eurodéputé·es (dont Louis Aliot et Bruno Gollnisch) et douze ancien·nes assistant·es ont été jugé·es aux côtés des dirigeant·es du RN. À titre de comparaison, seulement onze personnes avaient comparu au procès du MoDem, dont le préjudice final pour le Parlement européen, bien moindre, avait été revu à la baisse jusqu’à la somme de 348 000 euros.

Autre souci pour les dirigeant·es du RN, les enquêteurs ont conclu que la fraude ne devait rien au hasard, ni au bricolage. « Il ressort des investigations que le Front national, par l’intermédiaire de ses cadres et dirigeants, a mis en place un système organisé frauduleux de détournements de fonds européens à son profit, par le biais d’emplois fictifs d’assistants parlementaires », écrivaient sans trembler les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) dans un rapport de synthèse daté de février 2021.

« Divers éléments permettent d’envisager la mise en place d’un système de fraude destiné initialement à assurer le financement d’emplois attachés à des proches de Jean-Marie Le Pen, alors président du FN, et qui progressivement a bénéficié plus généralement au FN devenu RN », exposaient plus prudemment les juges d’instruction Cécile Fabre-Meyer et Marie-Catherine Idiart dans leur ordonnance de renvoi devant le tribunal.

Encore plus ennuyeux pour l’ancienne patronne du RN, Marine Le Pen était visée à double titre dans le procès : elle y avait en effet une double casquette d’eurodéputée, c’est-à-dire employeuse d’assistant·es et de présidente du parti. Elle se voyait tout d’abord reprocher personnellement trois contrats litigieux d’assistant·es parlementaires : d’après les enquêteurs, ils ont servi à rémunérer son assistante personnelle au siège du parti, ainsi que le directeur de cabinet de son père, Jean-Marie Le Pen, et aussi le garde du corps de ce dernier.

En outre, plusieurs témoins, ainsi que des mails et des SMS saisis au cours de l’enquête judiciaire, attestent que Marine Le Pen ordonnait et supervisait le système.

Marine Le Pen était donc plus exposée dans le procès du RN que ne l’était François Bayrou dans celui du MoDem, pour lequel c’est le directeur administratif et financier du parti qui avait été le plus lourdement sanctionné.

Outre le RN, le MoDem a donc déjà été jugé pour des faits identiques, mais La France insoumise (LFI) fait elle aussi l’objet des mêmes soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen : deux anciens assistants parlementaires de Jean-Luc Mélenchon ont, fin 2022, été placés sous le statut de témoin assisté dans une information judiciaire ouverte fin 2018 et toujours en cours au tribunal de Paris.

Pourquoi le procès en appel du RN se tient-il si rapidement ?

Cet empressement à audiencer un nouveau procès pour Marine Le Pen est inhabituel. Si les délais sont assez variables – en fonction notamment du nombre de prévenu·es ou d’éventuels recours –, ils tournent autour de deux ans, voire trois lorsque personne n’est incarcéré. François Fillon a, par exemple, dû patienter près de deux ans après sa condamnation en première instance dans l’affaire de l’emploi fictif de sa femme pour être fixé sur son sort en appel. Idem pour Nicolas Sarkozy dans le dossier de corruption dit « Bismuth ». Il est surtout inhabituel qu’une cour d’appel communique aussi rapidement sur une date de délibéré.

Certains voient dans cette décision un geste d’apaisement après la polémique suscitée par la condamnation de Marine Le Pen, et une manière de répondre aux accusations d’une justice « politique ».

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, avait lui-même appelé de ses vœux un procès en appel avant la présidentielle. Une déclaration qui n’a, selon Christophe Soulard, premier président de la Cour de cassation, aucunement joué dans la décision de la cour d’appel.

Cette décision d’audiencer plus rapidement l’appel ne présage cependant en rien de la suite.

Que va faire le RN si la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen est confirmée ?

Les parlementaires de son parti n’ont cessé depuis la condamnation d’expliquer « pourquoi Marine Le Pen est innocente et pourquoi on l’attaque ». Les éléments de langage sont connus : il n’y a « pas d’enrichissement personnel » ; « c’est un procès politique » avec un seul but : « l’empêcher d’être élue présidente ».

Mais si le jugement est confirmé ? Si elle se retrouve dans l’impossibilité de se présenter à l’élection présidentielle pour cause d’inéligibilité ?

Le plan B comme Bardella ne fait pas mystère, même si ses velléités et ses divergences affichées sur l’économie ou l’international font grincer des dents en interne. Dès le mois d’avril 2025, l’actuel patron du parti l’avait affirmé : « Il n’y a pas d’ambiguïté sur le fait que Marine Le Pen est ma candidate, et que si elle devait être empêchée demain, je pense pouvoir dire que je serais son candidat. »

Après avoir clamé qu’elle épuiserait tous les recours pour se présenter, Marine Le Pen a elle-même confirmé début novembre 2025 qu’elle passerait en ce cas le relais à Jordan Bardella. « J’ai déjà dit que je ne mettrais pas en péril les chances de mon camp à la présidentielle. »

Une dissolution et une Assemblée nationale qui adopterait une loi d’amnistie pour sauver Marine Le Pen ? Même au sein du RN, le scénario n’est plus jugé crédible.

Et si Marine Le Pen est en mesure de se présenter ?

Si elle est relaxée en appel, Marine Le Pen sera a priori la candidate naturelle du RN, pour la quatrième fois consécutive.

Mais il existe un troisième scénario : celui où elle serait condamnée à une peine de prison, mais pas à une peine d’inéligibilité complémentaire. Jordan Bardella et ses proches en profiteraient-ils pour pousser Marine Le Pen hors du jeu ? En novembre 2024, après les réquisitions du parquet dans l’affaire des assistant·es, le patron déclarait : « Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro un lorsqu’on souhaite être parlementaire de la République. »

Conscient d’être allé un peu loin et du risque d’être accusé de trahison au sein de son propre camp, Jordan Bardella a depuis maladroitement fait marche arrière, expliquant qu’il ne parlait que des élections législatives et ne visait que les condamnations à plus de cinq ans de prison ferme.

Pourquoi le RN joue-t-il également gros sur le plan financier ?

Le procès en appel ne concerne pas simplement l’avenir politique de Marine Le Pen. Il conditionne en effet les finances du Rassemblement national, parti qui est depuis des années largement touché par les affaires. Le mouvement a été définitivement condamné en juin 2024, dans une indifférence quasi générale, dans une précédente affaire, celle dite des « kits de campagne », pour recel d’abus de biens sociaux lors des législatives 2012.

En première instance, le tribunal de Paris a considéré que le RN avait été, en tant que personne morale, l’un des bénéficiaires du système de faux assistants et assistantes parlementaires européen·nes, et l’a lourdement condamné à une amende de 2 millions d’euros, dont 1 million avec sursis.

Or, ces différentes condamnations ont considérablement dégradé l’image du parti auprès des établissements bancaires, qui refusaient déjà de lui prêter de l’argent pour ses campagnes électorales en raison de ses finances dégradées.

Pourquoi le dossier est-il jugé si tard par rapport à la date des faits ?

Les services d’enquête et moyens de la justice sont tellement pauvres en ce qui concerne la délinquance économique et financière qu’il n’est pas rare que ces procédures s’étalent sur de nombreuses années, et enjambent plusieurs élections.

Dans le cas de l’affaire des assistant·es du RN s’ajoute un autre facteur : la stratégie d’obstruction de Marine Le Pen, qui a refusé plusieurs fois de répondre aux questions des juges et a multiplié les recours, en vain (voir la chronologie).

VII. Les autres affaires

  • Sur la condamnation d’Alain Juppé

    Dès qu’une affaire éclate, Marine Le Pen est la première à sonner la charge. Alors vice-présidente du Front national, elle réagit vivement à la condamnation d’Alain Juppé dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. « Tout le monde a piqué de l’argent dans les caisses, sauf le Front national !, assure-t-elle alors sur le plateau de « Mots croisés », sur France 2. Les Français en ont marre qu’il y ait des affaires » et « marre de voir des élus qui détournent de l’argent », « l’argent des Français ».

  • Sur l’affaire Bettencourt

    Après la révélation de l’affaire Bettencourt, elle demande la démission de Nicolas Sarkozy.

  • Marine Le Pen, avocate de la « morale publique »

    Pour le premier grand meeting de sa première campagne présidentielle, Marine Le Pen se pose en avocate de la « morale publique », fustigeant la « République bananière », les « oligarchies de tous ordres » et promettant de « nettoyer l’État des jouisseurs, des affairistes, des corrompus ».

  • Sur l’affaire Karachi

    La présidente du FN souhaite que Nicolas Sarkozy « s’explique » sur l’affaire Karachi, « probablement la plus grave de la Ve République » et de nature à « faire sauter le pouvoir en place ». « Il faudrait qu’il s’explique, même pas à la limite auprès de la justice, mais peut-être auprès des Français d’abord […], étant entendu que c’est sur son autorisation que la société par laquelle ont transité ces commissions a été constituée. »

  • Sur l’affaire Cahuzac

    Interrogée sur l’affaire Cahuzac, Marine Le Pen s’agace : « Quand allons-nous mettre en place l’inéligibilité à vie, pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis à l’occasion de leur mandat », y compris « pour détournement de fonds publics » et « emplois fictifs » ? « Moi, ma veste est immaculée. Ils auront beau s’agiter, ils n’arriveront pas à me salir, parce que j’ai une éthique, j’ai une morale, que je m’y tiens. Et moi, quand je réclame éthique et morale, je me l’applique à moi-même. »

  • Ouverture d’une enquête préliminaire de l’OCLCIFF

    Ouverture d’une enquête préliminaire confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), à la suite d’un signalement du Parlement européen.

    C’est un tournant : le début des déclarations anti-juges de Marine Le Pen et du FN. Un certain nombre de magistrats seraient « politisés » car proches du Syndicat de la magistrature, un « syndicat d’extrême gauche qui avait appelé à voter contre [elle] », des « juges rouges ».

  • L’affaire « Jeanne » 

    Dans le cadre de l’affaire « Jeanne », du nom de son microparti, la présidente du FN a refusé de se rendre à la convocation des juges. Le FN dépose une requête en suspicion légitime contre les deux magistrats, pour les dessaisir de l’affaire.

  • Perquisitions au siège du FN

    Marine Le Pen fait de l’obstruction : lors des perquisitions menées au siège du Front national (FN), elle filme l’opération avec son téléphone portable, avant de le placer dans son soutien-gorge quand l’un des policiers de l’OCLCIFF lui demande de cesser son enregistrement.

  • Convocation de Marine Le Pen

    Lors de sa première convocation chez les magistrats, Marine Le Pen a refusé de s’y soumettre, évoquant dans une lettre une « instrumentalisation » politique de la justice en pleine campagne présidentielle. la deuxième fois, quatre mois plus tard, elle leur a lu une déclaration niant « avec fermeté » tout emploi fictif et leur contestant le droit d’enquêter sur cette affaire, qui concerne le « travail politique d’un député ». Elle refusera une troisième fois en 2018, attendant que la Cour de cassation se prononce sur son recours pour s’exprimer.

  • Soutien à Nicolas Sarkozy

    Marine Le Pen vient en soutien de Nicolas Sarkozy. Elle met en doute la « neutralité » du juge Serge Tournaire – qui a mis en examen Nicolas Sarkozy dans le dossier des soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007 –, affirmant (sans aucun élément) qu’il est « engagé dans un soutien au Syndicat de la magistrature ». Elle cible aussi le Parquet national financier (PNF) – qui a requis un procès dans l’affaire des écoutes –, accusant ses magistrats d’être « en partie choisis sur des critères politiques » et réclamant sa suppression.

  • Attaques contre les juges

    Le RN brandit la menace d’un dépôt de bilan pour tenter de faire annuler la saisie, à titre conservatoire, de 2 millions d’euros d’aides publiques par les juges d’instruction, dans le cadre de l’affaire des assistant·es. Cet été-là, Marine Le Pen dénonce « un véritable coup d’État », un « gouvernement des juges qui tue un parti politique ». Elle s’en prend au parquet, « extrêmement coloré à gauche », et aux magistrats Renaud Van Ruymbeke et Claire Thépaut, « des militants politiques, engagés dans des syndicats ou proches de syndicats d’extrême gauche ».

  • Marine Le Pen fait la maligne face aux magistrats

    Elle accepte enfin de répondre à la convocation des juges. Mais elle remet en cause leurs interrogations (« Permettez-moi de vous dire que votre question est assez vague ») et leur lecture des faits (« Il ne dit pas ce que vous voulez lui faire dire », avance-t-elle au sujet du mail de l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser s’inquiétant d’« emplois fictifs »). Parfois, c’est même elle qui pose les questions : « D’après vous, quel est le travail d’un député d’opposition qui arrive au Parlement européen ? »

  • Une instruction retardée

    L’hypothèse d’un procès avant l’élection présidentielle de 2022 s’éloigne, le RN ayant multiplié les recours : une question prioritaire de constitutionnalité déposée, ainsi qu’une vingtaine de requêtes devant la chambre de l’instruction. Le RN estime que les faits sont prescrits. Toutes ses demandes seront rejetées. Mais c’est toujours du temps de gagné. Marine Le Pen accuse aussi le PNF d’avoir cherché « à influer sur le cours du fonctionnement démocratique » dans l’affaire Fillon. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il est « manifestement victime d’un acharnement judiciaire ».

  • Sur la condamnation du MoDem

    Le MoDem est condamné dans l’affaire des assistant·es parlementaires. Marine Le Pen estime que la justice a rendu une décision « attentatoire à la liberté du député de pouvoir mener son activité comme il le souhaite ».

  • Le parquet requiert de la prison et cinq ans d’inéligibilité

    Le parquet requiert cinq ans de prison, dont trois avec sursis, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire, contre Marine Le Pen. Sur TF1, la cheffe de file des député·es RN dénonce une « atteinte très violente à la démocratie ». Pendant leur réquisitoire, les deux représentants du parquet avaient insisté sur les manœuvres dilatoires des personnalités poursuivies, qui ont souvent refusé de répondre aux enquêteurs et ont déposé un total de quarante-cinq recours, faisant du même coup traîner la procédure sur près de dix ans.

  • Marine Le Pen est condamnée

    Marine Le Pen est condamnée pour détournement de fonds publics à quatre ans de prison, dont deux ferme, ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. Sur TF1, elle dénonce « une décision politique pour [l’]empêcher de [se] présenter et d’être élue [à l’élection présidentielle] ».

  • « J’ai entendu le président dire qu’il faudrait rendre inéligibles à vie ceux qui ont été condamnés – jusque-là j’étais parfaitement d’accord, c’était dans mon projet présidentiel – pour corruption et fraude fiscale. Mais pourquoi pas le reste ? Pourquoi pas pour favoritisme ? Pourquoi pas pour détournement de fonds publics ? Pourquoi pas pour emplois fictifs ? »

    Marine Le Pen, 5 avril 2013.
  • « Ce que Marine nous demande équivaut [à ce] qu’on signe pour des emplois fictifs… et c’est le député qui est responsable pénalement sur ses deniers même si le parti en est le bénéficiaire… »

    Le trésorier du FN, dans un mail du 22 juin 2014.
  • « Je crois bien que Marine sait tout cela… »

    Réponse de Wallerand de Saint-Just, ancien avocat et ancien trésorier du FN, dans un mail du 22 juin 2014.
  • « J’étais sans doute fatigué. Et malheureusement, j’ai dit : “Oui, c’est fictif.” »

    Charles Van Houtte, cheville ouvrière du système mis en place, pendant le procès à propos de ses aveux lors de l’instruction.
  • « Vous ne faites figurer cet emploi d’assistant nulle part. Si ce n’est pas dévalorisant, est-ce risqué ? »

    La présidente du tribunal à Julien Odoul.
  • « Je n’allais pas faire une enquête de police. »

    Christophe Moreau, l’expert-comptable, interrogé sur d’évidentes incohérences dans le système de rémunération.
  • « Mon travail consistait en la sécurité et la confidentialité. »

    Thierry Légier, garde du corps historique de Jean-Marie Le Pen, puis de Marine Le Pen, mais toujours payé comme assistant de Fernand Le Rachinel.
  • « Je faisais des journées de douze à seize heures. Mon salaire était à la hauteur des horaires et du risque. »

    Thierry Légier, garde du corps, qui était payé comme assistant quatre fois le smic de l’époque.

X. Les attendus du jugement :
les magistrats expliquent leur décision

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XI. « Sans nous, vous ne l’auriez pas su. »

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  • Jean-Marie Le Pen pose avec ses filles (de gauche à droite: Yann, Marie-Caroline et Marine), chez lui à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le 28 janvier 1988. © Photo Derrick Ceyrac / AFP
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  • Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 15 septembre 2024. © Photo Arnaud Paillard / Hans Lucas via AFP
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  • Alain Juppé, en octobre 2019. © Stephane de Sakutin / AFP
  • Liliane Bettencourt, en octobre 2011, à Paris. © François Guillot / AFP
  • Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle française de 2012, tient son premier meeting de campagne à Vaiges. © Jean-François Monier / AFP
  • MM. Sarkozy, Balladur et Pasqua en 1995 © Reuters
  • Le 19 mars 2013, le jour de la démission de Cahuzac. © Reuters
  • À Nanterre, le siège de l'Office central anticorruption. © Reuters
  • Le logo du Front National affiché sur l’écran d’une tablette à Paris le 13 octobre 2016. © Lionel Bonaventure / AFP
  • L’affiche et le slogan officiels de la campagne du Front national (FN), pour le second tour des élections, sont présentés lors d’une conférence de presse le 26 avril 2017 à Paris. © Thomas SAMSON / AFP
  • Le président français Nicolas Sarkozy (à gauche) est accueilli par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à son arrivée à Tripoli le 25 juillet 2007. © Patrick Kovarik / AFP
  • Le vice-président du tribunal de grande instance de Paris, Renaud Van Ruymbeke, au tribunal, le 14 janvier 2014. © Photo Jacques Demarthon / AFP
  • Marine Le Pen, présente le programme du RN pour les élections européennes de mai 2019, à Strasbourg, le 15 avril 2019. © Frederick Florin / AFP
  • Marine Le Pen quitte un bureau de vote à Hénin-Beaumont, le 24 avril 2022, lors du second tour de l'élection présidentielle française. © Thomas SAMSON / AFP
  • François Bayrou avant d’être entendu au tribunal de Paris, mardi 7 novembre 2023. © Photo Miguel Medina / AFP
  • Marine Le Pen quitte l'hémicycle lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale à Paris, le 9 décembre 2025. © Telmo Pinto / NurPhoto via AFP