A Barbès, un ramadan solitaire et solidaire

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Le quartier Barbès-Goutte d’Or dans le nord de Paris, un des plus pauvres de la capitale, regroupe un nombre impressionnant d’associations et de logements sociaux. Dans ce monde cosmopolite et populaire, le ramadan 2020 ne ressemble à aucun autre vécu jusqu’alors. C’est l’urgence qu’il faut gérer, comme il faut aider les plus démunis. Un élan de solidarité s’est mis en place, plus visible dans ce quartier où l’espace public est encore important, malgré le confinement.

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  1.  © Isabelle Eshraghi © Isabelle Eshraghi
    La Table ouverte est située au café de l’Institut des cultures d’islam (ICI), rue Léon. Elle est dirigée par Rachid Arar. Ce mercredi 22 avril, dans la cuisine, Abdel et Nabil préparent le couscous au poulet. Depuis le début du confinement, l’association distribue des repas gratuits aux plus démunis. Ce jour-là, 320 repas ont été offerts : 250 préparés sur place et 70 autres récupérés à l’église Saint-Bernard. Pendant la période du ramadan, la Table ouverte s’est déplacée à la Friche (ci-contre), sur le terrain de l’ancienne mosquée El-Fath, au 4 rue des Poissonniers, devenu jardin et terrain de pétanque. En partenariat avec la grande mosquée de Paris, la maire de Paris et les commerçants du quartier, 450 litres de soupe ont été distribués vendredi 24 avril, premier jour du ramadan. Au troisième jour, il a fallu faire 100 litres de soupe de plus, pour pouvoir satisfaire tout le monde. Six membres actifs et vingt-huit bénévoles, la plupart des jeunes du quartier, œuvrent tous ensemble. Chaque sac contient un litre de lait, un œuf, un fruit, un yaourt et des dattes. Rachid est un enfant du quartier. Il se souvient que, dans son enfance, durant cette période de fête, les portes des immeubles étaient ouvertes, les familles cuisinaient pour tous. Aujourd’hui, « les bobos », dit-il, ont fragmenté tout cela et les portes se sont fermées.

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