Dans les pas de mon grand-père, survivant du génocide arménien

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Cette année encore, et pour la 99e fois, est commémoré le sombre anniversaire du 24 avril 1915, jour de la rafle des intellectuels de Constantinople, prémices d’un génocide qui provoqua de 1915 à 1918 la mort de plus d’un million d’Arméniens de l’Empire ottoman (la Turquie a fait un pas inédit, mercredi, en présentant officiellement ses condoléances). Parmi les survivants, Khatcher Artinian. Chassé de son village en août 1915, âgé tout juste de 10 ans, son périple s'acheva à Marseille en 1924. Neuf ans en déportation à travers un Empire ottoman à la dérive. Il y a quelques années, Patrick Artinian, son petit-fils, a retrouvé Turkmen sur une carte, dans l’ouest de la Turquie, village natal de Khatcher où il vécut les dix premières années de son existence. Le photographe décida de s’immerger dans la vie turque d’aujourd’hui qui aurait dû être la sienne si l’histoire avait redistribué les cartes différemment. 

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  1. Dans la campagne autour de Turkmen. Sur ma route, je fis des rencontres, souvent belles et touchantes, comme Ergun un petit homme handicapé ne parvenant à se déplacer que muni des ses béquilles ou dans sa voiture aménagée, joueur de saz, sorte de luth turc, à ses heures, et qui devint mon ami et mon guide sur place. Comptable pour le village voisin de Yenipazar, toujours prompt à en vanter les mérites, il était au début persuadé que ma présence était due à mon engouement pour le “Canyon de Yenipazar”, une anfractuosité rocheuse dans la montagne qui devrait, selon lui, attirer des flots de randonneurs grâce au site web qu’il venait de monter avec son fils.

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