Grève aux urgences: malades de l’hôpital

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Début juin, toute une équipe du personnel paramédical de l’hôpital Lariboisière à Paris s’est mise en arrêt maladie dans le contexte de crise qui frappe les urgences des hôpitaux publics depuis le 18 mars. « Un dévoiement de l’arrêt maladie », selon Agnès Buzyn, ministre de la santé, qui « entraîne une surcharge de travail » pour le reste du personnel. Nous avons rencontré des infirmiers, des infirmières et des aides-soignantes de cette équipe afin qu’ils nous livrent leur lecture de cette situation.

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  1. Barbara Coué, 37 ans, infirmière à l’hôpital Lariboisière depuis onze ans, en arrêt maladie depuis le mois de mai. « J’ai un problème à la colonne vertébrale. L’IRM a révélé que j’avais les disques entre mes petites vertèbres abîmés. C’est dû notamment à la manutention des personnes. Quand tu as des personnes âgées lourdes, que tu dois te contorsionner pour les prendre en charge, cela abîme. Une nuit, je vais pour accrocher une perfusion en hauteur et je ne pouvais plus lever le bras au-dessus de la ligne des épaules… Pousser des brancards qui font le double, voire le triple de mon poids avec des gens dessus, quand t’es toute seule, ça craque. Je n’étais plus capable de travailler. Cela fait deux ans que j’ai ce problème, je me disais que ça allait passer, que ce n’était pas bien grave. Et que si je prenais un arrêt maladie, il y aurait automatiquement plus de travail pour les autres. Je n'avais pas envie de mettre mes collègues en difficulté. »

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