Loi sur le travail: paroles de manifestants

Le traditionnel défilé du 1er-Mai a emmené avec lui la contestation contre la loi sur le travail, dont l'examen à l'Assemblée nationale débute dans deux jours. À Paris, d'après la préfecture de police, 16 000 personnes ont défilé, la CGT de son côté dénombre 70 000 manifestants. Du côté du ministère de l'intérieur, on a compté 84 000 personnes mobilisées à travers la France. Le défilé a été émaillé d'affrontements avec les forces de l'ordre et la foule a été arrosée de gaz lacrymogènes.

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  1. Cette année, il y a eu convergence de calendrier. Le 1er-Mai, et son traditionnel défilé, chevauche la protestation contre la loi sur le travail qui gronde depuis près de deux mois. Les manifestants se sont donc mobilisés surtout pour dire leur colère contre cette loi, dont l'examen à l'Assemblée débute le mardi 3 mai. À la contestation sociale s'est ajoutée la dénonciation d'un usage disproportionné de la violence par les forces de l'ordre, présentes en nombre. La stratégie de maintien de l'ordre est remise en question par la foule, qui n'hésite pas à scander à de multiples reprises des slogans anti-police. En cause, la décision, incompréhensible, de scinder le cortège en plusieurs tronçons, l'obligeant à stationner plusieurs dizaines de minutes. Malgré tout, dans le cortège, les manifestants réaffirment leur détermination à obtenir le retrait d'une loi qu'ils jugent néfaste pour leur avenir. Plusieurs d'entre eux considèrent la Nuit debout comme une manière de continuer le combat, sous une forme complémentaire.


    Pierre, 69 ans, retraité, ancien architecte, militant CGT

    Sur le rebord du trottoir, près de la Bastille, la foule crie « Tout le monde déteste la police ! », voyant les CRS pénétrer le cortège. Pierre ironise en se félicitant que les CRS soient en train de « manifester avec nous ! ».

    « J’ai fait beaucoup de 1er-Mai, y compris des très tristes. Il y a du monde, mais je suis scandalisé par les provocations de la police. En des décennies de manif, c’est la première fois que je vois des CRS entrer dans le cortège. L’ordre vient d’en haut, c’est sûr. Ils cherchent la bagarre… Dans une manif, il y a certes des cerveaux dérangés qui ont un ressentiment viscéral contre la police. Moi, même en 68 je ne hurlais pas “CRS-SS”. Mais quand les gens ici disent “cassez-vous”, ils ont raison car aujourd’hui les policiers contestent le droit de manifester en agissant ainsi. »

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