Malgré tout, cheffes de famille

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Placement des enfants et pauvreté sont intimement liés : pourtant, dans l’accompagnement même des enfants, les conditions de vie et la parole des familles ne sont pas forcément prises en compte. La photographe Lucile Barbery a suivi pendant des mois deux mères, cheffes de famille, dont les enfants ont été pris en charge par les services sociaux. Où l’on comprend combien le plan pauvreté, présenté mi-septembre par le gouvernement, ne changera pas vraiment leur quotidien.
(Lire aussi notre article : Plan pauvreté: pour être aidé, il faudra travailler.)

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  1. Au départ, la photographe Lucile Barbery voulait proposer à des familles concernées par la protection de l’enfance une simple photo de famille. Les placements d’enfants entraînent des ruptures, les occasions pour prendre des photos sont rares, les photographes pour une belle photo de famille hors de portée des bourses. Il a fallu entrer en contact. « Pas une mince affaire : personne ne le crie sur les toits de peur d’être catalogué, d’être celui qui maltraite ses enfants, qui est un mauvais parent, raconte la photographe. Les contacter par le biais des services sociaux ? On se voit opposer un refus catégorique, une impossibilité : “La famille n’est pas prête”, “des actes ont été posés”… À force de rencontres, d’explications, j’ai pu finalement suggérer mon idée à deux familles. Elles ont accepté. » C’était au printemps 2016. Puis, de fil en aiguille, le projet s’est imposé : montrer la similarité des conditions de vie des familles concernées par la protection de l’enfance. Placement des enfants et pauvreté sont intimement liés : comment ignorer ce lien de corrélation dans l’accompagnement même des enfants ?
    Maryline (à gauche) et Denise (à droite) ont accepté de laisser la photographe entrer dans leur intimité.

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