Mauvais garçons tatoués

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Le tatouage — la "bousille" en argot — s'est propagé en France sur la peau des marins, des soldats passés par les bataillons d'Afrique, des bagnards, des prostituées et des voyous. Messages d'amour, de haine, anti-militarisme, patriotisme, rébus sexuels et autres dessins noirs révèlent les vies aventureuses des "enfants du malheur". C'est cette « poésie des mauvais garçons » (Albert Londres) que l'on retrouve dans l'ouvrage Mauvais Garçons (éd. La manufacture de livres) de Jérôme Pierrat et Éric Guillon, à travers 150 portraits commentés. Des photographies inédites prises par les autorités françaises entre 1890 et 1930, qui rendent compte de l'histoire du tatouage tout en dressant un portrait social de la France. Voici 14 extraits commentés.

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  1. Jérôme Pierrat décrypte : « Les "mauvais garçons" cherchent souvent sur la peau de leur voisin l'inspiration de leurs tatouages (…). Le plus souvent, leur choix obéit à un code précis qui détermine les antécédents, les états de service ou l'affiliation de leur porteur. Au premier regard, ces tatouages peuvent passer pour de vulgaires marques décoratives. Aux yeux des initiés, ils sont une véritable carte d'identité. » On retrouve cette idée du tatouage autobiographique et codifié dans les milieux mafieux russes, ou chez les gangs chicanos de Los Angeles.

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