Sénégal: quand la chimie détruit l’agriculture et les villages

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Première région minière du Sénégal, Thiès abrite l’une des plus anciennes industries du pays, les Industries chimiques du Sénégal (ICS). À une vingtaine de kilomètres alentour, les populations sont sévèrement touchées. Délocalisation, déversement de soufre sur la voie publique, rejet d’acide en mer et fuites de gaz sont le lot des habitants de la zone.

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  1. Abords du site des Industries chimiques du Sénégal (ICS-Indorama), Darou Khoudoss, novembre 2018.
    Depuis 2014, l’entreprise indonésienne Indorama Corporation (fondée par Sri Prakash Lohia, active dans la brasserie, l’hygiène, le textile, la pétrochimie, la médecine, le bâtiment…) détiendrait entre 78 % et 85 % du capital des ICS.

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    Cette industrie comprend une mine de phosphate qui s’étale sur quatre communes (Taïba Ndiaye, Darou Khoudoss, Méouane et Pire Goureye) et une usine de fabrication d’acide sulfurique et phosphorique pour la production d’engrais (à Darou Khoudoss) dans la région de Thiès, à 100 kilomètres au nord-est de Dakar. La quasi-totalité de la production de cet acide phosphorique est exportée. Une partie est néanmoins réservée pour le site de production d’engrais phosphatés de Mbao, situé dans la région de Dakar. Devenus indispensables à l’agriculture intensive, tant la production que l’utilisation d’engrais phosphatés sont extrêmement polluantes (ci-contre, la carte du territoire concerné).

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