Un œil sur les Balkans

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Le Courrier des Balkans, partenaire régulier de Mediapart, fête en ce mois de novembre ses quinze années d'existence et à cette occasion organise vendredi 29 novembre à La Bellevilloise (Paris XXe) sa troisième grande fête des cultures de lʼEurope du sud-est, Balkanofonik. Site d'information de référence sur les pays nés des décombres des guerres de l'ex-Yougoslavie, le Courrier des Balkans a publié des milliers d'articles et d'enquêtes. Ce portfolio donne un aperçu de sa production.
Lire aussi leur blog sur Mediapart et l'ebook 15 ans dans les Balkans.

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  1. Tetovo (Macédoine), 2001 - Quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, un enfant interroge un vieil hodja. La ville de Tetovo, au nord-ouest de la Macédoine est très largement peuplée par des Albanais de confession musulmane. En 2001, un conflit a éclaté entre les forces de sécurité macédoniennes et la guérilla albanaise de l’UCK-M. Les accords de Kumanovo (2001) ont permis de mettre fin au conflit et d’engager un processus de décentralisation. Les tensions restent cependant très vives entre la communauté albanaise, qui représente 25 % de la population du pays, et le gouvernement nationaliste du premier ministre Nikola Gruevski.

  2. Odžak (Bosnie-Herzégovine), 1998 - Un Croate visite sa maison détruite, à quelques kilomètres de la ville d’Odžak. Il habite désormais dans un appartement qui appartenait autrefois à un Serbe. Durant le conflit en Bosnie-Herzégovine, plus de deux millions de personnes ont été déplacées. Bien peu sont revenues vivre dans l’endroit où elles habitaient avant la guerre. Les épurations ethniques croisées ont totalement modifié la carte communautaire et religieuse du pays.

  3. Zadar (Croatie), 2009 - Plus de vingt ans après l’éclatement de la Yougoslavie, la Croatie est devenue le 1er juillet 2013 le 28e membre de l’Union européenne. Durement frappé par la crise, le pays est dans une situation économique catastrophique. Pour renflouer les caisses de l’État, le gouvernement privatise à tour de bras. Totalement désindustrialisées, les régions côtières ne survivent que grâce à la trop courte saison touristique.

  4. Pula (Croatie), 2010 - Pour intégrer l’Union européenne, la Croatie a dû brader ses chantiers navals, qui faisaient autrefois la gloire de la Yougoslavie socialiste. À Pula, les chantiers Uljanik ont été relancés à l’initiative des syndicats, mais la survie de leur activité industrielle demeure incertaine, tandis que certains investisseurs lorgnent avec intérêt sur les terrains qu’occupent les chantiers, au cœur de la baie de Pula, devant les arènes romaines. Le chapitre sur « la liberté de concurrence » imposée par l’Union européenne interdit toute aide publique à la construction navale. Du moins pour les nouveaux membres de l’Union. À cent kilomètres à peine de Pula, les chantiers Fincantieri de Trieste Monfalcone sont toujours détenus à 100 % par l’État italien…

  5. Bor (Serbie), 2009 - Après l’éclatement de la Yougoslavie et l’embargo de la communauté internationale contre la Serbie de Slobodan Milošević durant les années 1990, la ville industrielle de Bor a connu une dure période de crise. Ces dernières années, avec la remontée des cours mondiaux du cuivre, les mines de Bor affichent pourtant une insolente bonne santé… alors qu’il s’agit de la seule grande entreprise de Serbie qui n’ait pas été privatisée.

  6. Ligne de front de Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), 1998 - Après la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995), qui a fait environ 100 000 morts, les opérations de déminage se sont poursuivies durant des années. Aujourd’hui encore, de larges portions du territoire bosnien sont interdites d’accès.

  7. Surdulica (Serbie), 2005 - Le festival de trompettes de Surdulica est, avec celui de Guča, un des rassemblements de fanfares les plus importants de Serbie. Bien que fortement discriminés, les Rroms des Balkans sont aussi les dépositaires de la culture musicale de la région.

  8. Albanie, 1999 - Durant la guerre du Kosovo, en 1999, des centaines de milliers d’Albanais ont été expulsés par les forces de Slobodan Milošević. Ces derniers ont trouvé refuge en Albanie, en Macédoine, au Monténégro ou en Turquie. Au terme de 78 jours de bombardements de l’Otan sur la République fédérative de Serbie et Monténégro, les forces de sécurité serbes évacuent le Kosovo, qui va être placé sous l’égide des Nations unies.

  9. Prizren (Kosovo) - Avant la guerre de 1999, la municipalité de Prizren au Kosovo comptait plus de 20 000 Serbes. Le quartier serbe de Potkaljaja, au pied de l’ancienne forteresse, a été pillé et incendié en mars 2004. Il ne reste aujourd’hui en ville que quelques dizaines de personnes âgées.

  10. Letnica (Kosovo), 2006 - Le petit village de Letnica, situé dans les montagnes au sud du Kosovo, était autrefois peuplé de Croates. Depuis la guerre de 1999 et l’indépendance du Kosovo en 2008, la plupart de ses habitants ont quitté le pays, se réfugiant dans une Croatie, que leurs aïeux avaient quittée… au XIIIe siècle ! Ana a préféré rester dans sa maison.

  11. Cetinje (Monténégro), 21 mai 2006 - Ce jour-là, 55,4 % des citoyens du Monténégro ont voté en faveur de l’indépendance, sonnant le glas de la Communauté d'États de Serbie-et-Monténégro, ultime avatar de la Fédération yougoslave. À Cetinje, l’ancienne capitale royale du Monténégro, les indépendantistes laissent éclater leur joie.

  12. Pristina (Kosovo), 17 février 2010 - Pristina a proclamé unilatéralement son indépendance le 17 février 2008. Cinq ans plus tard, seuls 103 des 193 membres de l’ONU ont reconnu l’État du Kosovo, qui reste divisé entre des territoires contrôlés par les Albanais et Mitrovica-Nord, sous contrôle de Belgrade.

  13. Ljipljan/Lipjan (Kosovo), 2004 - Cette enclave serbe a été partiellement détruite en mars 2004, lors des pogroms anti-serbes qui ont éclaté après la mort de trois jeunes Albanais. Mirka, une Serbe, se rend sur la tombe de son mari et de son fils, à l'emplacement où elle veut être enterrée.

  14. Près de Kukës (nord de l’Albanie), 25 juin 2008 - Inaugurée en 2008, « l’autoroute de la Grande Albanie » relie désormais Pristina à Tirana. Cette voie express est symboliquement le premier pas qui doit ouvrir la voie à une réunification de tous les « territoires albanais » des Balkans.

  15. Belgrade (Serbie), 22 juillet 2008 - Après plus de dix ans de cavale, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie-Herzégovine, Radovan Karadžić, est arrêté le 21 juillet 2008 à Belgrade. Les nationalistes et les hooligans dénoncent cette arrestation. Accusé de « crimes de guerre et de crimes contre l’humanité », Radovan Karadžić est actuellement incarcéré au Tribunal pénal international de La Haye.

  16. Sombor (Serbie), janvier 2012 - Depuis plusieurs années, les Balkans sont devenus une des « portes d’entrée » des migrants qui souhaitent se rendre en Europe. Dans la ville de Sombor, au nord de la Serbie, ils sont chaque soir des centaines à camper dans les bois, en attendant de forcer la « forteresse Europe » et de traverser la frontière hongroise.

  17. Ljubljana (Slovénie), 9 mars 2013 - Pour la première fois depuis l’indépendance de 1991, des dizaines de milliers de Slovènes sont descendus en mars dernier dans les rues de Ljubljana pour protester contre les privatisations sauvages et la corruption généralisée qui touche la classe politique slovène. Cette mobilisation a poussé vers la sortie le premier ministre, Janez Janša.

  18. Bucarest (Roumanie), 15 septembre 2013 - À l’automne 2013, la Roumanie a connu ses plus grandes manifestations depuis la révolution de 1989. Et c'est pour une cause écologique que les Roumains se sont mobilisés si nombreux : empêcher la réouverture d'une mine d'or à Roșia Montană, un petit village de Transylvanie. Depuis seize ans, la compagnie canadienne Gabriel Ressources tente d'exploiter les gisements de minerai par le biais du cyanure, mais se heurte à une forte opposition de la société civile.

  19. Chișinău (Moldavie), 23 novembre 2013 - Russie ou Union européenne ? Il semble que la Moldavie ait fait son choix, elle s'apprête à signer un accord avec l'UE, à l'occasion du sommet du partenariat oriental de Vilnius. Même si l'attachement culturel et économique à la Russie reste encore très fort, les autorités moldaves ont répété leur désir d’intégrer l’Union européenne, malgré les pressions de Moscou. 

    Cet eBook (accessible ici) est une plongée subjective dans les archives du Courrier des Balkans. Le résultat est surprenant : il ne revient pas sur les grands événements politiques mais dessinent les contours d’autres Balkans, les Balkans que vivent les citoyens de ce petit bout d’Europe. En route pour le voyage.

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