Vendre directement mais massivement: en Alsace, le pari de Cœur Paysan

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À Colmar (Haut-Rhin), une quarantaine d’agriculteurs se sont regroupés et ont racheté il y deux ans un supermarché Lidl de 400 m2 pour vendre directement leurs produits. Cheville ouvrière de cette réalisation, Denis Digel est une figure locale du syndicalisme agricole, maraîcher et président de Cœur Paysan. Parmi les agriculteurs qui ont adhéré au projet, plusieurs ne sont pas directement issus du monde agricole.

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  1. © PATRICK ARTINIAN

    Cœur Paysan, Colmar, 20 mars 2018. La quarantaine d’agriculteurs du groupement sont complémentaires et décident du prix de vente de leurs produits. Pour l’écrasante majorité, ils sont issus de la région. Cœur Paysan compte neuf salariés et son directeur vient de la grande distribution.

  2. © PATRICK ARTINIAN

    Cœur Paysan, Colmar, 20 mars 2018. Après à peine un an d’exercice, le magasin a réalisé 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et dégagé un bénéfice permettant l’embauche d’un neuvième salarié.

    Denis Digel, initiateur et président de Cœur Paysan. © patrick Artinian

  3. © PATRICK ARTINIAN

    Linthal, 21 mars 2018. Issu d’une famille agricole, Nicolas Guibert, 42 ans, a une formation d’hydrobiologiste et a travaillé durant sept ans pour une société de pêche dans le Doubs. Déçu par le peu d’intérêt que les élus portent à la qualité de l’eau des rivières et des lacs, il démissionne et se reconvertit en avril 2013 dans l’élevage de chèvres et la production de fromages bios dans les Vosges.

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    Linthal, 21 mars 2018. Bergerie.

    Nicolas Guibert, éleveur de chèvres et producteur de fromage. © patrick Artinian

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    Linthal, 21 mars 2018. « Dans les financements et les aides de la PAC [politique agricole commune], en agriculture de montagne, une part importante est attribuée pour l’entretien du paysage. Dans cette partie des Vosges, il y a de nombreux touristes et randonneurs et il y a besoin d’entretenir la forêt pour qu’ils puissent marcher et pour leur donner à voir des paysages. »

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    Linthal, 21 mars 2018. Traite des chèvres.

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    Fréland, 22 mars 2018. En 2015, Aurélien Guyon, 42 ans, en a eu assez de parcourir 80 000 kilomètres par an au volant de sa voiture à travers l’est de la France pour vendre des sites web et des reportages photo à des hôtels pour une société de communication. « Je me suis rendu compte que je n’étais bien qu’à proximité de mes ruches », raconte cet adepte de Pierre Rabhi, qui décide alors de transformer sa passion en profession et devient apiculteur en 2015. Il possède 200 ruches, en aurait plutôt besoin de 300, ne pratique que la vente directe et se paye péniblement 400 euros par mois, dont la moitié provient de Cœur Paysan.

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    Lautenbach-Zell, le 21 mars 2018. David Kieffer : « Mon père était mineur de potasse et mes grands-parents n’étaient pas non plus agriculteurs. J’ai toujours aimé travailler dehors, j’avais un potager à l’extérieur de notre maison de mineurs, j’ai aussi toujours aimé les animaux. À l’époque, lorsque j’étais en troisième, on m’a orienté, comme tout le monde, vers l’industrie. »

  9. © PATRICK ARTINIAN

    Lautenbach-Zell, le 21 mars 2018. David Kieffer : « Le fait de ne pas avoir besoin de beaucoup de terrain pour implanter un élevage d’escargots a aussi joué car en Alsace, c’est difficile d’obtenir des terrains agricoles. Je recherche un terrain à acquérir depuis trois ans pour augmenter la production et ne l’ai toujours pas trouvé. Grâce à mes indemnités de départ de chez Peugeot, additionné aux aides diverses et au fait que l’investissement de départ est relativement faible, je n’ai pas eu besoin de m’endetter pour démarrer mon activité. »

    David Kieffer, héliciculteur. © patrick Artinian

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    Lautenbach-Zell, le 21 mars 2018. David Kieffer : « Dans la vente directe, sur les marchés ou à Cœur Paysan, j’aime le contact avec la clientèle, on a toujours des retours, les gens sont intéressés, donnent leur avis. Je me paye un peu plus que le Smic. Pour dégager du bénéfice, il faut valoriser le produit, raison pour laquelle je cuisine et conditionne les escargots. Si je vendais ma production d’escargots vivants aux industriels, je gagnerais beaucoup moins bien ma vie. »

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    Sentheim, 22 mars 2018. Depuis toujours, Guillaume Bissler n’a qu’une idée en tête : élever des moutons, comme son grand-père. Il a suivi un cursus dans un lycée agricole, s’est endetté, surtout pour la salle de transformation où il découpe la viande, et ne pratique que la vente directe à la ferme, sur les marchés ou par Cœur Paysan, qui représente 25 % de ses revenus.

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    Sentheim, 22 mars 2018. Le rêve de Guillaume Bissler, 30 ans, éleveur de moutons à Sentheim, c’est un hangar qui pourrait abriter un millier de bêtes au cœur de 50 hectares de champs pour les nourrir, ce qui lui permettrait de gagner à peu près le Smic. Pour l’instant, il se contente de 600 bêtes et de dix hectares, et vit encore chez ses parents, qui tiennent un salon de coiffure en face de la bergerie et l’aident pour la comptabilité, les marchés et les ventes.

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