Arts

Une «Dame aux camélias» de combat

La Dame aux camélias, spectacle créé au Théâtre de l'Odéon à Paris par Frank Castorf, prend l'inconscient politique de la France à bras-le-corps. Dumas fils, avec en renfort Georges Bataille et surtout Heiner Müller, devient une machine de guerre, dont la débauche de corps et de cris peine les âmes délicates. Retour sur cet électrochoc salutaire.

Antoine Perraud

Le bon théâtre laisse intranquille. Dans nos sociétés consuméristes où règne le chouchoutage à tous les étages, les planches occasionnent parfois un choc dont certains spectateurs ne se remettent pas : l'effraction politique. Ce fut le cas à l'Odéon (Paris VIe), samedi 7 janvier, lors d'une première fleurant l'opprobre: La Dame aux camélias de Frank Castorf. À l'entracte, les places d'orchestre se sont vidées pour ne plus se remplir. Des greluchons chipoteurs et des mijaurées vétilleuses jouaient les fines bouches, avant de se répandre dans les salons où l'on cause, sur la Toile, sur les ondes, ou sur les supports imprimés. Pas contents. Ce spectacle les avaient empêchés de ronronner en rond.

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