Comment Lars von Trier orchestre la sortie de Nymph()maniac

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L'œuvre du cinéaste danois sort en deux volets et en deux versions, l'une intégrale et l'autre « censurée ».

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Comme tous les grands provocateurs, Lars von Trier n'aime rien tant que jouer les victimes. Si l'on en croit le carton d'avertissement inséré avant le début du premier volet de la version de quatre heures de Nymph()maniac, le film qui sort cette semaine en salle aurait été « censuré ». On lit en effet : « Le film est une version abrégée, et censurée, de la version originale de Nymph()maniac de Lars von Trier. Il a été réalisé avec sa permission, mais sans autre implication de sa part. »

Lorsqu'il est devenu évident que le film allait largement dépasser la durée prévue, et que les distributeurs et diffuseurs télé associés à la production ont manifesté leur mécontentement, Lars von Trier et ses producteurs ont imaginé faire deux versions différentes, une courte et soft, et une longue et hardcore. Comme ils l'avaient déjà fait pour Antichrist, dont la version soft n'a pratiquement jamais été exploitée.

Les critères de coupe ont été établis en se calant sur les codes de censure de divers pays, avec l'objectif que le film puisse être diffusé partout en salle et à la télévision. Des projections test ont ensuite été organisées pour les valider.

Ce pragmatisme explique aussi bien ses provocations à répétition – la dernière en date étant le choix du 25 décembre, jour de la naissance du Christ, pour la sortie danoise de Nymph()maniac – que la campagne de promotion à combustion lente qui anime le Net depuis juin, attisant à coups d'extraits terriblement chastes le désir pour ce film qui crie le soufre et le sexe depuis sa mise en chantier.

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