António Lobo Antunes: l'étrange musique de la mémoire

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Dans son 27e roman, Jusqu’à ce que les pierres deviennent plus douces que l’eau (Christian Bourgois), l’écrivain portugais António Lobo Antunes, bientôt dans la Pléiade, montre toute la virtuosité de son écriture polyphonique. Il s’inspire de la guerre coloniale pour ciseler une tragédie familiale, analyse Le Temps de Genève.

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On le sait dès le premier chapitre : le fils tuera le père. Un meurtre inéluctable, comme dans la tragédie grecque. Si c’est pour l’intrigue, on peut s’arrêter à la page 3. Tout est accompli. Mais depuis Mémoire d’éléphant, en 1979, on sait que l’œuvre immense d’António Lobo Antunes – presque trente romans – ne s’aborde pas pour les histoires qu’elle raconte mais pour la musique qui naît de l’enchevêtrement des voix et des résonances qu’elles font naître.