«Une insurrection émotive». Entretien avec Erri De Luca

Les dernières nouvelles d’Erri De Luca nous parlaient surtout des soubresauts dans les affaires judiciaires qui l’ont opposé à la société de construction de la ligne TAV Turin-Lyon. Il revient avec un roman, La Nature exposée, une histoire d’humanité.

Lise Wajeman et Tiphaine Samoyault (En Attendant Nadeau)

3 avril 2017 à 13h23

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Après un recueil de textes autobiographiques, Le Plus et le Moins, paru en français en 2016, et un texte militant, J’accepte volontiers une condamnation pénale, mais pas une réduction de vocabulaire, paru en 2015 (repris aujourd’hui dans la collection « Folio » accompagné d’une conversation avec José Bové), Erri De Luca retourne à la forme longue. Dans La Nature exposée, on retrouve les lignes de force que dessinaient ses derniers textes courts – la montagne, la vulnérabilité, les religions, la justice – mais retissées autour d’une figure de sculpteur amené à produire un étrange travail sur une statue de Christ en croix : ôter le pagne qui recouvre sa nudité et reproduire le sexe (sa « nature ») dans un morceau de marbre pour le rendre à son intégrité, qui est en même temps sa fragilité. Il lui faut montrer à nouveau sa condamnation et la souffrance de sa nature exposée.

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