Prophétique, le musée d’art moderne en Palestine se profile à l’Unesco

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Mediapart accompagne la naissance, d’abord en exil à Paris, ensuite in situ, d’un musée d’art moderne et contemporain en Palestine, constitué de dons de créateurs solidaires. L’Unesco en expose une préfiguration. Visite guidée.

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Pour la troisième année consécutive, mars venant, Mediapart prend le pouls, au sortir de l'hiver, d'une idée lumineuse touchant au Proche-Orient si enténébré : la création d’un musée d’art moderne et contemporain en Palestine ; à partir d'une collection solidaire, constituée de dons d’artistes.

Pour la troisième fois, donc, se tient une exposition, en forme de bilan d'étape, intitulée « Pour un musée en Palestine », coordonnée par Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, épaulé par l’artiste plasticien Ernest Pignon-Ernest. Tous deux sont à l'origine de cette idée de collection à la fois itinérante et en exil, riche désormais de plus de trois cents pièces et conservée au sein de l'IMA (Institut du monde arabe) ; en attendant l'installation au-delà de la Méditerranée. L'an prochain à…

Où donc ? Cela va de soi, cela va sans dire, mais cela va mieux en l'écrivant : à Jérusalem-Est. C'est ce que laisse supposer Elias Sanbar, à la fin de la première des vidéos ci-dessous, tournées dans une ambiance si particulière – excitation, enthousiasme, précipitation –, en plein accrochage des œuvres. C'était mercredi 6 mars, au rez-de-chaussée du palais de l'Unesco (Paris VIIe), à la veille du vernissage de cette exposition ouverte au public du 8 au 21 mars.

C'est pour aujourd'hui ou pour demain ?... © Mediapart

Parmi les 172 œuvres exposées – dont 80 calligraphies de l’artiste algérien Rachid Koraïchi –, une partie de la salle Miró de l'Unesco est dévolue à une triade esthétique, une trinité productrice, une famille de créateurs installée dans les Pyrénées : Beatriz Garrigo (absente lors de notre passage), Patrick Loste et leur fils Jean Lloveras. À la fin de la vidéo ci-dessous, Patrick Loste, à propos de la Palestine, de la Catalogne, de l'amour de sa terre, de la solidarité, de la résistance et de la paix, prononce des paroles incandescentes et bienvenues…

La Sagrada Família... © Mediapart

Nous poursuivons notre visite impromptue, dans le chaos créateur qui règne au moment d'un accrochage, quand l'art semble s'exprimer en liberté, presque par effraction, comme lors d'une répétition d'orchestre. Elias Sanbar et Djamila Chakour, chargée de collections et d'expositions à l'IMA, nous parlent de ce qui bientôt accueillera les visiteurs. Ce qui gît parfois encore à même le sol et qui se regarde autrement, de biais, d'une façon inattendue, étrange et dynamique…

Ces œuvres en attente d'accrochage © Mediapart

Cette troisième exposition préfigurant le futur musée « en Palestine » est dédiée au peintre Samir Salameh (1944-2018), natif de Safed, mort dans la Sarthe en août dernier. Elias Sanbar, de trois ans son puîné, qui vit le jour pour sa part à Haïfa, évoque son compagnon d'exil et l'une de ses toiles avec des sanglots dans la voix. On songe alors qu'un Esaïe palestinien pourrait peut-être, aujourd'hui, prophétiser : « Je lèverai ma main vers les nations, je dresserai ma bannière vers les peuples. Et ils ramèneront tes fils entre leurs bras, ils porteront tes filles sur les épaules. »

Pour Samir Salameh (1944-2018). © Mediapart

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Retrouver, sous l'onglet « Prolonger », la liste des 172 œuvres exposées.

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Don de Cueco Don de Cueco

« Pour un musée en Palestine »,


Palais de l'Unesco (salle Miró),
7, place de Fontenoy, 75007 Paris,


du 8 au 21 mars, de 10 h à 18 h.

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