Les impasses du développement personnel

Par Nicolas Marquis

Le développement personnel et ses nombreux best-sellers sont souvent considérés comme un symptôme de l’ère néolibérale. En réalité, ce phénomène remonte aux racines de l’individualisme, quand, à l’orée de l’époque moderne aux États-Unis, la mythologie du Far-West a rencontré la doctrine protestante de la réussite individuelle comme signe annonciateur du salut de l’âme. Une enquête parue dans le dernier numéro de la Revue du Crieur disponible en librairies et Relay.

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Qu’est-ce que le développement personnel ( DP )? Avant tout des livres aux titres aguicheurs et aux couleurs vives, des DVD de méditation, des petits cahiers de dessin pour déstresser, des recueils de phrases d’auto-louange ou encore des cours en ligne pour apprendre à devenir résilient ou à parler en public. Le chaland qui fréquente les librairies n’aura pu manquer d’être témoin de la colonisation inexorable des rayons « sciences humaines» par ces productions qui visent à mettre chacun aux commandes de sa vie. Le DP constitue, comme le disent les stratèges éditoriaux, un segment du marché du livre « particulièrement sain». En effet, le filon semble inépuisable. Chez J’ai Lu, le directeur de la collection « Pratique» se réjouit chaque année de la « progression notable autant en ventes nettes qu’en chiffre d’affaires sur les secteurs du DP, de la psychologie pratique, du bien-être et des régimes ».