Dystopies, pour le pire

Par

Lorsque la conseillère Kellyanne Conway a parlé de « faits alternatifs » pour justifier une contre-vérité assénée par l’administration Trump, elle a fait bondir les ventes de 1984 d’Orwell. À l’occasion de la retraduction en France de Nous d’Evgueni Zamiatine, source d’inspiration de 1984, retour sur notre goût actuel pour les dystopies.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Plus personne ne raconte d’utopies. Ce drôle de genre littéraire, qui tient son nom de l’Utopia (littéralement, le non-lieu) de Thomas More, a nourri bien des rêveries, de la cité idéale antique aux délires technicistes des débuts de l’ère industrielle, mais au cours du XXe siècle on a commencé à lui préférer son envers, la dystopie, le pire des mondes. Aujourd’hui, il arrive encore qu’on aperçoive l’horizon d’univers heureux chez les extra-terrestres, mais guère davantage. Il faut croire que nous ne nous risquons plus à rêver, trop occupés à affronter nos cauchemars.