Un jeune héros africain américain est attiré dans le guet-apens d’une famille blanche, qui cache derrière ses sourires trop avenants le mauvais sort qu’elle réserve aux Noirs : prendre possession de leur âme. Un esclavage en mode paranormal, moderne, presque insoupçonnable, mais mortel. « Get out », « tire-toi », clame le titre du film d’horreur racialisé, sorti le 3 mai, au pauvre jeune homme pris au piège du pouvoir blanc. Conjonction de calendrier : le documentaire de Raoul Peck, sur les écrans mercredi 10 mai, réplique à la menace par un refus qui vaut affirmation de soi – « I Am Not Your Negro », « Je ne suis pas votre Nègre ». Sur les affiches, le beau regard de James Baldwin répond aux yeux terrifiés du jeune homme en passe d'être envoûté. Si le film sur l’écrivain, mort en 1987, ne cesse de résonner avec le présent – le mouvement Black Lives Matter, l’Amérique de Trump –, c’est parce qu’il dénonce les continuités politiques de l’histoire américaine.