Michèle Audin: la Seine était rouge

À partir de lectures de journaux d’époque, de romans et de témoignages, d’un travail d’archives minutieux, Michèle Audin retrace l’histoire de la Commune à Paris dans une langue poétique et romanesque. Empruntant pour le titre une expression de Jules Vallès, « Comme une rivière bleue », Michèle Audin signe un magnifique roman solidaire.

Jeanne Bacharach (En attendant Nadeau)

14 octobre 2017 à 12h17

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« L’histoire de la Commune de 1871 a été fabriquée par des escamoteurs », écrit Prosper-Olivier Lissagaray, dans la préface, « Pour qu’on sache », de son Histoire de la Commune de 1871 [1]. Escamoter, le mot laisse entendre la dissimulation, l’artifice habile du prestidigitateur pour faire disparaître ce qui dérange, l’élimination en un tour de passe-passe de ce qui gêne. Pour qu’on sache, contre les escamoteurs, Lissagaray, journaliste et témoin direct de la Commune, choisit d’autres mots pour dire cette histoire que l’on méconnaît, recouverte de mensonges et d’erreurs. Pour qu’on sache, et contre les escamoteurs, avec Lissagaray dont elle fait un des personnages du roman (« Lissa »), Michèle Audin choisit elle aussi d’autres mots. Si Lissagaray se fait historien et géographe dans son Histoire de la Commune de 1871, elle se fait romancière (à partir d’un véritable travail d’historienne et de géographe de terrain subtilement mis en scène), poète, chercheuse de mots qui n’escamotent pas la réalité, mais qui, par le biais de la fiction, la dévoilent, l’éveillent et la ravivent.

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