Lorsqu’en 2004, l’historien et journaliste Sami Kassir publiait ses Considérations sur le malheur arabe, il voyait poindre un espoir dans la formation d’un « champ homogène de la culture arabe plurielle ». Il avait raison. Cette homogénéité dont il parlait est avant tout celle d’une langue, dans toutes ses déclinaisons locales et régionales. Quant à la pluralité, elle est celle des situations à partir desquelles les écrivains se détournent des prestiges de l’orientalisme pour regarder en face leur histoire réelle, comme Samir Kassir les y invitait. L’Irak, à l’histoire terrifiante, est l’un de ces lieux d’où émane aujourd’hui une littérature splendide, dont chaque œuvre est comme un défi à la mort toujours présente.