De Clinton à Trump, et au-delà

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Pour Nancy Fraser, l’alliance de la dérégulation de la finance et de la reconnaissance des minorités s’est longtemps imposée aux États-Unis. Mais, après son effondrement, la rhétorique réactionnaire de Trump l’a remplacée. Pour elle, seul un populisme progressiste peut s’y opposer.

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Au premier abord, la crise à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés est une crise politique. Elle trouve sa manifestation la plus spectaculaire aux États-Unis : Donald Trump – son élection, sa présidence et la contestation dont elles font l’objet. Mais ailleurs, les situations analogues ne manquent pas : la débâcle du Brexit, la perte de légitimité de l’Union européenne et la désintégration des partis sociaux-démocrates qui l’ont soutenue, l’essor de partis racistes et anti-immigration à travers l’Europe du Nord et de l’Est, et le regain de forces autoritaires – certaines même préfascistes – en Amérique latine, en Asie et dans le Pacifique. Notre crise politique, si on peut la qualifier ainsi, n’est pas seulement américaine ; elle est mondiale.