Kamel Daoud, la fièvre d'écrire

Par

Texte puissant, poétique et osé, Zabor ou Les Psaumes (Actes Sud) déboule en trombe dans la rentrée littéraire. Compte-rendu critique de ce livre qui se substitue au Livre et transforme « la prière en interrogation », avec un inaltérable bonheur d'écriture.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Le « gueuloir » est le nerf de la littérature. Flaubert, bien sûr : il expertisait sa prose en l’expectorant. Claude Lanzmann, plus récemment, prétend avoir dicté Le Lièvre de Patagonie, son maître livre de mémoires. Voici Kamel Daoud, qui semble se perfectionner à chaque page qu’il convertit de l’oral à l’écrit. L’écrivain algérien résout la contradiction entre l’urgence de sa voix intérieure et la précision millimétrée des mots qu’il couche sur le papier. Au point de serpenter comme une flèche. Il concilie la tension de ses phrases lapidaires avec un art de la digression qui nous apparaît naturel, culturel et même cultuel.