Andreï Makine est un écrivain secret comme personne. Imaginons qu'il fasse un jour son entrée dans la “Bibliothèque de la Pléiade”. Ou bien il imposera une biographie fantastique, à l'instar de Saint-John Perse voilà quarante et un ans. Ou alors les exégètes dépêchés à ses trousses s'arracheront les cheveux : est-il né en 1957, sous le nom de Makine, en Sibérie, de parents ayant tâté de la paille humide du cachot soviétique, d'où une éducation entre un orphelinat et une grand-mère d'origine française lui ayant transmis la langue de Victor Hugo – c'est le thème du Testament français (triple prix Goncourt, Goncourt des lycéens et Médicis en 1995) ?