Dans un précédent article, nous avions montré comment l'exposition des clichés en couleur réalisés par André Zucca sous l'Occupation à Paris trahissait le travail de mémoire entrepris, notamment par son fils Pierre Zucca dans ses films, à propos de ce photographe bien trouble. Aujourd'hui, nous revenons sur l'origine de cette manifestation culturelle en interrogeant ses concepteurs. Comment ont-ils pu se contenter d'une exposition sans histoire, qui ne pouvait qu'en faire tant, par contrecoup ?
À la Bibliothèque historique de la ville de Paris, l’exposition consacrée aux photographies en couleur prises dans la capitale par André Zucca durant l’Occupation continue de faire des vagues. La Mairie est embarrassée, ses services tentent des aménagements au jour le jour, supprimant une légende ici, offrant là davantage de visibilité à un panneau rendu plus explicatif. Mais la discorde a éclaté, toujours difficile à cerner quand il s’agit d’une question de mémoire, où les débordements sont légion, parfois au mépris de l’équité dans l’établissement d’un dossier.