Une imprimerie à Beyrouth, allégorie d'un Liban des miracles

Par Sonia Dayan-Herzbrun (En attendant Nadeau)

Le motif central du dernier roman de Jabbour Douaihy, c’est le monde de l’édition et de l’impression, miroir de l’histoire et de la société libanaises. Au moment où l’instabilité guette à nouveau le pays, c’est l’occasion de saisir comment ici le lien social s’efforce en permanence de se maintenir, en dépit des guerres et des tensions.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

On pourrait voir dans le dernier roman de Jabbour Douaihy comme une version libanaise du Chef-d’œuvre inconnu de Balzac. Ce n’est pas d’un peintre qu’il est ici question, mais d’un écrivain, dont on ne saura jamais s’il est romancier ou poète. Farid a passé des années à polir chacun des mots qu’il a ensuite soigneusement calligraphiés sur les pages d’un gros cahier dont le contenu ne nous sera jamais révélé, et qu’il va soumettre en vain à des éditeurs beyrouthins. Il finit par s’adresser à un imprimeur, le patron de Karam Frères. Celui-ci ne publiera pas non plus son manuscrit mais lui propose un emploi, celui de correcteur, car Farid est à l’évidence un amoureux de la langue arabe et de toutes ses subtilités.