Pinault, un épieu dans le flanc de la culture

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François Pinault bénéficie d'un espace gratuit dans la plus grande salle gothique d'Europe, la Conciergerie, à Paris, pour y faire grimper la cote de sa collection sous prétexte d'édifier le public : l'exposition A triple tour y ouvre ses portes lundi. Un monument de cupidité travesti en mécénat...

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À la Biennale de Venise, en 2005, dans le pavillon allemand, le visiteur était accueilli par des nymphettes provocatrices, qui répétaient en boucle : « It's so contemporary, so contemporary ! » Sous couvert d'ironie critique, c'était là un clin d'œil aux initiés, confortés dans leur précieux entre-soi : être moqués, n'est-ce pas recevoir la confirmation que nous en sommes ?... Aujourd'hui, un documentaire gonflé, qui vaut le détour, obéit à la démarche inverse : prendre à rebrousse-plume tous les faisans obsédés par la modernité. La Ruée vers l'art ose mettre en scène deux enquêtrices d'âge mûr, Danièle Granet et Catherine Lamour, qui payent de leur personne pour nous introduire chez une palanquée de zozos surfriqués ne jurant que par l'apparence, la frime, la performance. Pas question de s'en laisser compter. Au diable le « so contemporary », voici le tiroir-caisse, véritable pousse-au-jouir de ce milieu d'imposteurs parant leur vénalité des couleurs de l'esthétisme !