Le terrorisme de la vache

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La sacralité de la vache et l’interdiction religieuse de la consommation de bœuf ont toujours constitué, depuis leur invention tardive à l’époque médiévale, de puissants moteurs de fédération de la communauté hindoue. Elles continuent aujourd’hui à être instrumentalisées par l’extrême droite nationaliste, comme en témoigne la vague de lynchages qui frappe le pays.

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Depuis 2010, au moins soixante-trois lynchages provoquant vingt-huit morts liés au « terrorisme de la vache » (« cow-terrorism ») ont été recensés par la presse indienne anglophone [1]. Ces attaques sont commises par des groupes de protecteurs de la vache sacrée, les « Gau Rakshaks », et visent spécifiquement les segments de la population supposés consommer du bœuf. 51 % des lynchages ont frappé la minorité musulmane et 8 % des Dalits (les castes les plus basses, considérées intouchables), et dans 21 % des cas la religion et la caste des victimes ne sont pas connues. Comment comprendre l’émergence de ces violences sur le sous-continent ? Quelles tensions sociales et politiques ces attaques mettent-elles au jour ?