L’écriture de l’usine

Par Cécile Dutheil (En Attendant Nadeau)

Joseph Ponthus a écrit À la ligne entre les primaires de la droite en 2016 et l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Mais le livre dépasse ce cadre temporel. Il s’inscrit dans la grande tradition de la littérature prolétarienne, à laquelle il apporte des inflexions inédites. À la ligne paraît en même temps que La Vie solide, où Arthur Lochmann passe de la philosophie au travail du bois.

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Joseph Ponthus n’est pas un ouvrier au sens propre. Il a fait une hypokhâgne, il est lettré, il a été pendant plus de dix ans éducateur spécialisé et il a dirigé un ouvrage collectif publié par les éditions Zones. S’il fallait encore l’épingler sociologiquement, ajoutons que ces éphémérides d’usine font allusion aux poètes de la Pléiade, notamment au moins connu d’entre eux, Pontus de Tyard, ancêtre de l’auteur. La généalogie réserve des surprises, des siècles ont passé, Joseph Ponthus s’en amuse – preuve que c’est un homme qui n’est pas exactement là où on l’attendait.