La quête fantasmatique d'une «pureté nationale» et du «vrai Français»

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Inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution: la mesure n'est pas étrangère à la République, qu'elle accompagna toujours. Le régime de Vichy en fit le cœur de sa politique. Idée reprise par Nicolas Sarkozy, son instrumentalisation démagogique est désormais l'œuvre du pouvoir.

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La déchéance de nationalité est une affaire à la fois brutale et complexe, qui brûle tout politicien jouant avec ce feu. Manuel Valls n’est pas le premier ni le dernier à se déjuger en la matière. En témoigne cette vidéo vieille d’un lustre.

L’indignité, le rabaissement et le déclassement dans l’ordre de la nation date de la Révolution ivre d’adhésion et qui prive de leur citoyenneté ses ennemis royalistes. L’affaire est donc aussi vieille que notre première Constitution. Celle de 1791 précise en effet :
« La qualité de citoyen se perd :
1° Par la naturalisation en pays étranger ;
2° Par la condamnation aux peines qui emportent la dégradation civique, tant que le condamné n’est pas réhabilité ;
3° Par un jugement de contumace, tant que le jugement n’est pas anéanti ;
4° Par l’affiliation à tout ordre de chevalerie étranger ou à toute corporation étrangère qui supposerait, soit des preuves de noblesse, soit des distinctions de naissance, ou qui exigerait des vœux religieux. »