Fabrication de la guerre civile, le roman qui déménage

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Charles Robinson relate ce qui aurait dû être « un projet de rénovation urbaine », avec « concertation et diagnostic social » dans la cité des Pigeonniers. Il écrit ainsi le roman le plus féroce, le plus drôle et le plus sombre, le plus poétique et le plus politique que l’on ait lu depuis longtemps.

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Fabrication de la guerre civile réussit là où tant de romans échouent : c’est un livre qui parle de la France, au moins d’un fragment de celle-ci, là et aujourd’hui, en un texte ébouriffant. Il explore la faille sociale et cette autre faille, celle du langage, confrontant abruptement deux novlangues, celle des acteurs sociaux, langue de l’évitement et du cosmétique, amorti permanent, et celles des habitants de la cité, réforme radicale de l’orthographe, détournement de jargon, « vandalisme créatif » comme écrit dans le livre. Et le tout, emmené par une écriture limpide. Fabrication de la guerre civile est un livre qui déménage. Ça tombe bien, c’est justement de cela qu’il est question : déménager.