Jérôme Pélisse: «Derrière la journée d’action, des conflits en hausse et de plus en plus divers»

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Aussi spectaculaires ou « réussies » soient-elles, des journées nationales d'action comme celles de ce jeudi ne sauraient à elles seules condenser toute la conflictualité sociale. L'analyse minutieuse d'une enquête récurrente du ministère du travail pointe, en effet, l'hétérogénéité et surtout la progression de luttes pour la plupart invisibles car peu médiatisées. Entretien.

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Nicolas Sarkozy a peut-être, sans le savoir, raison quand il affirme que désormais lorsqu'il y a une grève on ne la voit pas. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y en ait pas mais simplement qu'elles sont, à l'instar d'autres formes de conflictualité sociale, en grande partie invisibles. C'est l'enseignement majeur de La lutte continue ?, un livre cosigné par cinq chercheurs qui ont pris le soin d'analyser plusieurs vagues de la même enquête du ministère du travail. Ces sociologues mettent en évidence l'immense décalage entre les représentations médiatiques mais aussi politiques des conflits sociaux et leur réalité à la fois diverse et de plus en plus fréquente.