Les Détricoteuses. Aux armes citoyen.ne.s?

Par Laurence De Cock et Mathilde Larrère

Un rapport vient d'être remis à l'Élysée, afin de mettre en œuvre la promesse d'un service national universel. L'initiative témoigne d'un renouveau de l'intérêt des responsables politiques pour l'armée et le rôle qu'elle pourrait jouer pour l'intégration nationale. Avec l'historienne Raphaëlle Branche, les détricoteuses se penchent sur ce phénomène. 

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Détricoter la brûlante actualité pour l’inscrire dans le temps long, faire réfléchir à l’utilité de l’Histoire et à d’autres récits : le rendez-vous mensuel des historiennes Laurence De Cock et Mathilde Larrère s’organise en trois volets.

« Au miroir du passé »

Plusieurs partis ou mouvements politiques ont fait figurer dans leur programme des dernières élections le rétablissement du service national obligatoire, et Emmanuel Macron a annoncé son rétablissement. Les justifications tournent autour du rôle que pourrait ou devrait jouer l’armée dans la fabrique de l’unité nationale. Est-ce à dire que le lien armée-nation se serait distendu depuis la professionnalisation de l’armée et la suppression (en fait la suspension) du service militaire en 1997 ? Faudrait-il rétablir une armée-creuset, lieu d’une méritocratie parfaite ? La période semble à un certain brouillage, et au fond, qu’est-ce que l’armée ? 

Les détricoteuses, aux côtés de l’historienne Raphaëlle Branche, saisissent l’occasion de ces nouveaux débats pour interroger la place de l’armée dans l’histoire nationale et déconstruire quelques mythes.

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« Historytelling »

Le roman national présente le bon roi Saint Louis, rendant la justice sous son chêne et baisant les pieds des lépreux. Une fois encore, la réalité est un peu plus complexe. Les détricoteuses poursuivent leur historytelling en situant le roi Louis IX dans son époque et en expliquant comment et pourquoi s’est construit ce mythe. 

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« Le coin lecture »

Quatre femmes. L'une s'ennuie, l'autre vend des salades dans les rues parisiennes, la troisième cherche à convaincre du bien-fondé du saint-simonisme, la dernière est recluse dans un couvent. Quatre femmes dans ce Paris de 1832, alors que le choléra décime la population et que l'émeute gronde avant que d'être réprimée. Elles s'inquiètent, s'engagent, se terrent, s'enthousiasment, se défendent, se meurent... Sont-elles réelles ? Leurs mots, pour partie, le sont. Elles, moins. C'est là toute la force et la gageure de l'ouvrage de Thomas Bouchet, fin connaisseur de la période et de ses archives, que de donner corps par des mots à des femmes de papier. Une expérience d'écriture qui mêle goût de l'archive et fiction, et donne à saisir une ville, un moment politique, une crise, et des trajectoires de femmes. 

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