Changements climatiques: le Moyen-Orient en surchauffe

Au delà des guerres et de la complexité géopolitique, la région qui est déjà confrontée à de graves soucis de sécheresse, de pénurie d’eau ou de déplacement de population risque de voir ses problèmes s’aggraver encore dans les décennies à venir, au point de la rendre difficilement habitable.

Le Moyen-Orient restera-t-il habitable encore longtemps?

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Dans le désert koweïtien. © Thomas Cantaloube Dans le désert koweïtien. © Thomas Cantaloube

Au-delà des guerres et de la complexité géopolitique, les pays du Moyen-Orient sont frappés de plein fouet par les changements climatiques. Les températures en particulier ne cessent de grimper. Le Koweït détient depuis 2016 le record mondial de chaleur avec 54 °C, mais cela pourrait bientôt ne plus représenter une anomalie.

Entre Israël et Palestine, l’enjeu crucial du partage de l’eau

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Système de récupération d'eau de pluie financé par le gouvernement irlandais à Susiya, dans le sud de la Cisjordanie © C.D. Système de récupération d'eau de pluie financé par le gouvernement irlandais à Susiya, dans le sud de la Cisjordanie © C.D.

Conjuguées au réchauffement climatique et à la croissance démographique, les inégalités d’accès à l’eau au Proche-Orient devraient encore s'accroître dans les années à venir. Pour certains experts, l’eau sert d’outil militaire à l’État hébreu pour faire avancer ses projets de colonisation. Elle constitue un point d'achoppement majeur du processus de paix.

A Chypre, on brûle le climat par les deux bouts

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Une station de ski dans les monts Troodos, par 35 °C au mois de mai. © DOM Une station de ski dans les monts Troodos, par 35 °C au mois de mai. © DOM

Pays le plus au sud de l’Union européenne, Chypre est aussi le plus exposé aux impacts du changement climatique. Pénurie d’eau, températures de plus en plus étouffantes… En dépit de signaux inquiétants, les Chypriotes semblent peu désireux de changer leur mode de vie.

Guerres, révolutions, migrations: au Moyen-Orient, le climat aggrave les tensions

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Place Tahrir du Caire en février 2011 : la révolution égyptienne était aussi une crise des pauvres affamés. © Thomas Cantaloube Place Tahrir du Caire en février 2011 : la révolution égyptienne était aussi une crise des pauvres affamés. © Thomas Cantaloube

Depuis les « printemps arabes » de 2011, de nombreuses études scientifiques ont pointé le changement climatique comme l’une des origines des révoltes. Un consensus est aujourd’hui bien établi : le réchauffement et la baisse des précipitations contribuent à l’instabilité de la région.

Climat: «Vivre au Moyen-Orient va devenir insupportable, voire dangereux»

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Jos Lelieveld, le 17 mai 2018 à Nicosie. © DM/Mediapart Jos Lelieveld, le 17 mai 2018 à Nicosie. © DM/Mediapart

Jos Lelieveld est un chercheur allemand, rattaché à l’Institut Max-Planck de Mayence et au Cyprus Institute de Nicosie, spécialiste en physique et chimie de l’atmosphère. Il travaille notamment sur la question du changement climatique et de la pollution de l’air en Méditerranée orientale. Entretien.