Election présidentielle en Egypte

Le 17 juin s'achevait l'élection présidentielle en Egypte. Dix-hui mois après la révolution du 25 janvier 2010. Notre dossier spécial.

Egypte: les voix confisquées, la parole libérée

Par

L’annonce, après plusieurs jours de flottement, de la victoire du candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, à la présidentielle, ne change pas fondamentalement la donne égyptienne. L’incertitude politique et institutionnelle domine, et les voix de l’élection présidentielle risquent d’être confisquées comme l’ont été les suffrages législatifs, avec la dissolution du Parlement. En dépit de cela, l’Egypte post-révolutionnaire est marquée par une intense prise de parole, politique et personnelle, qui bouleverse les habitudes sociales comme les espaces publics. 

Egypte: les Frères musulmans accéderaient à la présidence, vidée de sa substance

Par

Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, devrait emporter le second tour de l'élection présidentielle. Cet événement est aussi un jeu de dupes: les militaires au pouvoir viennent d'amender la constitution pour s’arroger des pouvoirs qui vident la présidence de sa substance.

A Alexandrie, le salafisme réel ne fait pas peur

Par

Contrairement à ce qui se passe en Tunisie, les salafistes d’Egypte, dont Alexandrie est le bastion historique, ne sont pas dans une stratégie de tension avec le pouvoir. Ils affichent un visage présentable et les habitants de la cité méditerranéenne ne les craignent pas. En dépit de leur succès électoral de cet hiver, Alexandrie n’a pas brusquement basculé du cosmopolitisme au salafisme. 

Gamal Ghitany : « L’Égypte est dans une situation similaire à l’Allemagne de 1933 »

Par

Pour le célèbre écrivain Gamal Ghitany, l'Égypte est menacée d'effondrement. Mais pas parce que l'État de droit n'est pas respecté, que les élections à venir s'apparentent de plus en plus à une mascarade, ou que les militaires concentrent, depuis le jeudi 14 juin, les pouvoirs exécutifs et législatifs. Pour lui, la menace principale vient des Frères musulmans, qu'il assimile à une organisation fasciste.

Le Billancourt égyptien choisit l’ancien régime

Par

Les grèves de 2008 dans l’usine textile de Mahalla, bastion ouvrier du delta du Nil, sont considérées comme les prémices de la révolution égyptienne. Les ouvriers en sont fiers, mais donneront pourtant leurs voix, ce week-end, au candidat incarnant l’ancien régime. Avant tout par hostilité envers les Frères musulmans. De notre envoyé spécial en Égypte

L’Égypte a voté en situation de quasi-coup d’État

Par

Que valent des élections dans un pays sans Parlement, sans Assemblée constituante, sans Constitution et sans État de droit ? L’Égypte, en situation de « coup d’État institutionnel », a voté pourtant tranquillement samedi et dimanche pour le second tour de la présidentielle, qui oppose un candidat de l’ancien régime au candidat des Frères musulmans. Un scrutin décisif pour le pays, et pour l’avenir des révolutions arabes.

Pourquoi l’Égypte révolutionnaire vote pour des réactionnaires

Par

Comment un pays qui a fait une révolution peut-il voter pour les forces les plus conservatrices? L’Egypte semble n’avoir le choix qu’entre l’ordre nouveau et l’ordre ancien. Pourtant, ce conservatisme social enraciné jusque dans les urnes est bousculé par une situation post-révolutionnaire explosive. De notre envoyé spécial en Egypte.

Egypte : la place Tahrir tente de s’inventer une issue politique

Par

L’alliance des candidats malheureux à l’élection présidentielle égyptienne, qui ont défilé mardi au Caire, permet aux révolutionnaires égyptiens de sortir du duel armée/Frères musulmans, et de remettre en cause le scrutin lui-même. Analyse.

Egypte: les généraux protègent leur empire économique

Par
Caricature du CFSA, Le caire, mai 2012 © Pierre Puchot Caricature du CFSA, Le caire, mai 2012 © Pierre Puchot

Professeur d’économie politique à l’université américaine du Caire, Zeinab Abul-Magd a brisé un tabou en Egypte en tentant de décrire les ramifications de l’empire économique des généraux, qui contrôlent « la majorité de l'économie égyptienne », ainsi que le rôle du Conseil supérieur des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis février 2011. Entretien.

Les Egyptiens tentés par une troisième voie

Par

Le candidat de l'armée, Ahmed Chafik, affrontera celui des Frères musulmans au second tour de l’élection présidentielle. Mais avec le succès de la campagne menée par le leader de Karama, Hamdine Sabahi, les Egyptiens sont en train de trouver une autre voie pour échapper au choix dans lequel Moubarak les avait enfermés pendant trente ans. Reportage de notre envoyé spécial au Caire.

Egypte: le procès Moubarak ne passe pas

Par

L’ancien président Moubarak a été condamné à la prison à vie, samedi, pour sa complicité dans le meurtre des manifestants alors que les responsables policiers en poste à l'époque s'en sortent. Un verdict amer pour le peuple, confronté depuis la révolution aux actes de violence des militaires au pouvoir.

Les Egyptiens se sont mobilisés pour une élection à suspense

Par
Vote au Caire. © (PP) Vote au Caire. © (PP)

Malgré les désillusions, les Egyptiens se sont pris au jeu d’une élection présidentielle dont le principal attrait tient à son suspense. Vendredi, au lendemain de deux jours de vote, les résultats des bureaux tombaient au fur et à mesure : le candidat proche des militaires,
Ahmed Chafik, était au coude à coude avec le nassérien Hamdine Sabahi
pour la deuxième place, derrière le candidat des Frères musulmans,
Mohamed Morsi. Les résultats devraient se préciser dans la journée de
Samedi. Reportage au Caire.

Comment l'armée a écrasé la révolution égyptienne

Par
A proximité de la place Tahrir, au Caire, mardi 22 mai © Pierre Puchot A proximité de la place Tahrir, au Caire, mardi 22 mai © Pierre Puchot

Premier tour de l'élection présidentielle en Égypte. Au-delà du choix des électeurs, c'est la gestion chaotique du Conseil supérieur des forces armées qui domine. Répression, absence de Constitution, endettement massif du pays… Depuis quinze mois, l'armée égyptienne a trahi la révolution. Reportage de notre envoyé spécial au Caire.