Finances publiques: trente ans de dérives françaises sous l'œil du FMI

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Les Japonais appellent cela «gaiatsu», le recours à la pression extérieure pour imposer les changements dont le pays est incapable par lui-même. C'est un peu la (triste) histoire des finances publiques de la France telle que la résume une étude du FMI. Une histoire dont le bilan ne plaide guère en faveur du redressement promis par le pouvoir actuel.

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En annexe des tout récents rapports sur les «consultations au titre de l'article IV» entre le Fonds monétaire et le gouvernement français, les économistes du FMI ont publié, sous leur propre responsabilité, des études sélectives, dont une, «Les leçons des précédents plans de redressement budgétaires», est fort intéressante sinon encourageante. Elle donne en effet, sur une période de trente années, l'image d'un pays incapable de gérer ses finances, n'agissant que sous une contrainte extérieure forte, péchant systématiquement par optimisme, dépourvu de vision et stratégie de long terme. Ce qui, par voie de conséquences, et on sent bien que les experts du Fonds le pensent très fort même s'ils n'en disent rien, relativise la portée des nièmes engagements de sobriété souscrits actuellement sous la pression des marchés et dont l'hypothétique (à ce jour) et insuffisante (financièrement) réforme des retraites constitue la pierre angulaire.