La bourse réagit très mal à la dégradation de la note américaine

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L'indice boursier parisien a perdu 4,68% lors de la séance du 8 août. Cette onzième séance de baisse consécutive illustre un krach larvé.

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C'était un temps à ne pas mettre un petit porteur sur le marché boursier. La séance était entre professionnels capables de jouer gros, à la nanoseconde près, et en utilisant tous les dérivés et autres options inaccessibles et incompréhensibles pour le commun des mortels.
Tétanisés par la peur d'un krach, en réaction à la dégradation de la note américaine, les autorités monétaires et politiques avaient tenté de donner toutes les assurances possibles dès le dimanche soir, pour essayer de calmer les financiers. Le G7 avait fait un communiqué pour assurer qu'il surveillait de près les marchés pour assurer son bon fonctionnement. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel s'étaient fendus d'une autre déclaration, promettant de mettre au vote les décisions du sommet européen de 21 juillet « avant la fin septembre ». La BCE, après avoir résisté, laissait entrevoir dans son langage sibyllin qu'elle allait intervenir pour soutenir les dettes espagnoles et italiennes.
Dès 7h30 du matin, beaucoup de monde est déjà sur le pied de guerre pour regarder l'ouverture des bourses européennes. La préoccupation des autorités est d'éviter un krach, mais aussi une série d'interruptions comme cela s'est passé la veille sur la bourse de Tel-Aviv. Cela aurait pu donner un mauvais signal.
A 8 h, le CAC 40 promet d'être en forte chute, d'au moins 3%. Mais certains s'activent en coulisse pour lui redonner des couleurs. C'est ainsi qu'en quelques secondes 6.000 contrats futures sont échangés, faisant repasser l'indice d'en dessous les 3200 à 3250. L'opération a quand même un coût: 192 millions d'euros environ, selon les estimations d'un intervenant boursier. Cela fait cher la seconde. Mais cela permet de limiter la casse. A l'ouverture, l'indice est en baisse de 0,7% .