Les privatisations prennent du retard

Selon le journal Les Échos, le projet de loi Pacte, adressé cette semaine au Conseil d’État, ne contient pour l’instant aucun volet portant sur des cessions d’actifs publics.

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« En matière de privatisations, il est urgent d’attendre aux yeux du gouvernement. Selon nos informations, le projet de loi Pacte envoyé en milieu de semaine au Conseil d’État ne contient aucun volet sur la cession d’actifs publics. En clair, la vente très commentée des participations au sein d’ADP (ex-Aéroports de Paris) et de la Française des jeux (FDJ) n’est pour le moment pas à l’ordre du jour du conseil des ministres du 20 juin prochain, qui doit examiner le texte » : voici ce que croit savoir le journal Les Échos.

Le quotidien analyse cette reculade de la manière suivante : « Cette nouvelle péripétie illustre l’embarras causé par ce dossier des cessions d’actifs au plus haut niveau de l’État. Après avoir  martelé fin 2017 vouloir vendre une partie des « bijoux de famille », le  gouvernement s’était fait plus hésitant depuis un mois. Cette absence au sein du texte envoyé au Conseil d’État annonce-t-elle un enterrement du programme de privatisations ? Au sein du gouvernement, on réfute une telle interprétation. “Il est toujours possible de compléter plus tard le texte envoyé au Conseil d’État. Ce dossier demande encore de l’instruction, il n’y a aucune urgence en la matière”, indique-t-on à Matignon. »

Sur le fond, l’exécutif est convaincu de la pertinence de la vente. « La détention majoritaire du capital n’est pas forcément indispensable au respect des intérêts de l’État », indiquait un proche d’Emmanuel Macron cette semaine lors d’une conférence à l’Association des journalistes économiques et financiers. Cette doctrine commande de ne pas immobiliser du capital dans des actifs non stratégiques.

Mais, selon Les Échos, plusieurs embûches sont venues se dresser sur le chemin du gouvernement. Il y a d’abord des problèmes techniques. Selon nos informations, des expertises sont toujours en cours sur les outils de régulation qui doivent être mis en place dans le secteur des jeux pour pallier le retrait de l’État. Les difficultés techniques valent également pour Aéroports de Paris. À cela, s’ajoutent des considérations plus politiques. Est-il vraiment raisonnable de lancer une nouvelle vague de privatisations en pleine agitation sociale et alors que les dossiers de réforme se bousculent ? Le quotidien ne tranche pas la question, mais il croit savoir que la grève de la SNCF ne rend peut-être pas très opportunes des privatisations qui alimentent toujours de vives controverses.

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