Quelle théorie économique après la crise?

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Entretien avec Francesco Saraceno, économiste à l’OFCE et auteur de l'ouvrage L'Économie à l'épreuve des faits, aux éditions Revue Banque. Dix ans après la crise financière qui a brisé le « consensus » théorique issu des années 1970, la science économique doit trouver de nouvelles bases, loin de l'idéologie et de l'illusion de la toute-puissance d'une théorie dominante.

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Quelle théorie économique après la crise ? © Mediapart

Dix ans après la crise financière, quel est le devenir des théories macroéconomiques ? Tous les éléments du « nouveau consensus » qui s’était construit dans les années 1980 sur les ruines du keynésianisme dominant semblent avoir été remis en question par les événements de 2007-2008. De plus en plus d’économistes s’interrogent désormais sur l’effet négatif des inégalités sur la croissance et reviennent sur les sous-estimations du multiplicateur budgétaire et des effets de l’austérité.

L’histoire des théories économiques est faite d’échecs devant des réalités mouvantes et d’adaptation. Le néoclassicisme s’est fracassé sur la crise de 1929, le keynésianisme (par ailleurs assez distinct de la pensée de Keynes) sur celle des années 1970, le « nouveau consensus » qui réhabilitait l’efficience des marchés a échoué en 2008. Francesco Saraceno, économiste à l’OFCE et auteur d’un ouvrage intitulé L’Économie à l’épreuve des faits, paru aux éditions de la Revue Banque, raconte cette histoire. Il revient sur les erreurs des politiques économiques induites par ces théories et appelle à un changement radical de méthode. Selon lui, aucune théorie ne peut répondre à tout, en tout temps et en tout lieu. Il faut retenir les leçons de l’Histoire et faire le choix de l’éclectisme.

L'Économie à l'épreuve des faits, éditions Revue Banque, 2017, 20 €

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