Économie Parti pris

+ 9,7% au 1er avril et des prix du gaz dans les seules mains de GDF-Suez

Officiellement, les prix des tarifs régulés du gaz augmenteront de 9,7% au 1er avril. Mais comme l'électricité en août dernier, les hausses vont être différenciées selon les consommateurs: les plus petits payeront plus que les plus gros. Pièce à pièce, le service public est ainsi démantelé. Tout est désormais dans les mains de GDF Suez. Parti pris.

La lecture des articles est réservée aux abonné·e·s. Se connecter

GDF-Suez demandait une hausse des tarifs régulés du gaz de 9,7%. Sans surprise, la Commission de régulation de l'énergie a entériné jeudi matin toutes ses demandes. Depuis, c'est un tollé général, car tout s'est fait dans la plus totale opacité, sans considération ni de la situation économique des ménages ni même de l'état réel des marchés de l'énergie.
La CFTC parle d'une «augmentation scandaleuse ( ..) qui piège tous les consommateurs qui ont été influencés par les offres comparatives très avantageuses les conduisant à s'équiper tout gaz ou qui n'ont aucune alternative possible, en ville notamment». La CGT dénonce une augmentation qui «n'est pas plus justifiée par des raisons économiques». «La concurrence était censée provoquer la baisse des prix. C'est l'inverse qui se produit», constate la confédération, qui estime que cette hausse va représenter une ponction de 1 milliard sur le pouvoir d'achat des ménages. L'association UFC-Que choisir s'indigne contre ce «vrai coup de massue et qui est doublement injustifié».
Et encore, cette augmentation n'est qu'une moyenne. Car comme lors de la révision des tarifs d'EDF en août 2009, celle-ci sera modulée en fonction des abonnements. Et une nouvelle fois, ce sont les plus petits abonnements qui subiront les plus fortes hausses. Ainsi, un foyer qui n'a un abonnement au gaz que pour la cuisine verra ses tarifs augmenter de 13,4%, celui qui produit en plus de l'eau avec une chaudière au gaz payera 10,3% en plus. En revanche, les ménages qui se chauffent totalement au gaz n'auront qu'une augmentation que 9,4%. La CRE explique ces hausses différenciées «afin de refléter l'augmentation spécifique des coûts hors approvisionnement que supporte GDF Suez pour fournir chacun d'entre eux». La répercussion des coûts fixes ayant des effets plus ou moins élevés en fonction des abonnements. Au-delà des effets statistiques, il serait peut-être plus juste de parler d'un choix de segmenter la clientèle, et de marketing, mais cela ne rime guère avec service public.

Abonnement mediapart

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là


Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Aujourd’hui sur Mediapart

Voir la Une du Journal

À ne pas manquer

Santé
Didier Raoult : deux ans d’enquête sur une imposture
Depuis l’arrivée du Covid-19 en France, Didier Raoult est devenu une figure nationale. D’abord en faisant la promotion d’un traitement inefficace contre la maladie, l’hydroxychloroquine, puis en niant la possibilité d’une seconde vague ou en remettant en cause l’efficacité de la vaccination. Mediapart revient en vidéo sur deux ans d’enquête sur le directeur de l’IHU.
par Youmni Kezzouf, Mathieu Magnaudeix et Pascale Pascariello
Blanquer, l’école à la renverse
Profs, élus, ils bricolent pour faire tenir l’école en temps de pandémie
Parmi les ressorts de la colère contre le ministre de l’éducation nationale, l’impression de devoir composer depuis des mois avec des bouts de ficelle arrive en bonne place. Pour pallier les manques et retards de l’État, enseignants et élus locaux se mobilisent comme ils peuvent.
par Mathilde Goanec
Financement de la vie politique — Enquête
Macron 2017 : l’enquête interdite
Un service du ministère de l’intérieur a alerté, en 2019, sur des prestations de sécurité pendant la campagne présidentielle « vraisemblablement réalisées dans des conditions illégales ». L’affaire, potentiellement embarrassante pour l’Élysée, a été enterrée. Nos révélations.
par Fabrice Arfi, Antton Rouget et Marine Turchi
Blanquer, l’école à la renverse — Reportage
Grève à l’école : « Nous sommes au point de rupture »
Des dizaines de milliers de personnes dans les rues, une forte proportion de grévistes, et une mobilisation qualifiée d’« historique » par ses organisateurs. Jeudi, les personnels des écoles, collèges et lycées ont exprimé leur « ras-le-bol » de Jean-Michel Blanquer.
par Lucie Delaporte, Dan Israel, Khedidja Zerouali et Manuel Sanson

Nos émissions

À l'air libre
par à l’air libre
Grand entretien
par Fabien Escalona et Romaric Godin
Ouvrez l’Élysée
par Usul et Ostpolitik