Macron taxé de "mépris" pour ses propos sur "Jojo gilet jaune"

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L'opposition a dénoncé vendredi le "mépris" d'Emmanuel Macron qui a ironisé, lors d'une rencontre avec des journalistes jeudi, sur la place accordée par les chaînes d'information en continu à "Jojo avec un gilet jaune".
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PARIS (Reuters) - L'opposition a dénoncé vendredi le "mépris" d'Emmanuel Macron qui a ironisé, lors d'une rencontre avec des journalistes jeudi, sur la place accordée par les chaînes d'information en continu à "Jojo avec un gilet jaune".

Selon des propos rapportés notamment par Paris Match, le chef de l'Etat aurait dénoncé le traitement du mouvement des "Gilets jaunes", qui a fait éruption le 17 novembre pour réclamer plus de justice sociale et de démocratie participative.

"Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député!", aurait-il ironisé.

"La République c'est précisément de penser que 'Jojo' mérite la même considération qu'un député ou un ministre. Et même qu'il peut devenir l'un ou l'autre", a réagi le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure sur Twitter.

Pour la porte-parole du parti Les Républicains (LR) Lydia Guirous, "les Français veulent de l'écoute et de la considération, Macron leur sert encore du mépris avec ses propos Jojo avec un gilet jaune". Même critique de la part de l'oratrice nationale de La France insoumise (LFI) Martine Billard qui dénonce sur Twitter un "mépris pour le peuple".

Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron a multiplié des "petites phrases" - "des gens qui ne sont rien", "pognon de dingue", "certains" pauvres "déconnent" - qui ont suscité des polémiques et alimenté le procès en mépris de classe que lui fait l'opposition.

Lors d'un débat avec des maires dans l'Eure le 15 janvier, le chef de l'Etat est revenu sur les propos qu'il avait tenus à un chômeur en septembre, à qui il avait assuré qu'il lui suffisait de "traverser la rue" pour trouver un travail.

"Parfois on fait des caricatures, en pensant que ce qu'on dit un moment à quelqu'un, de bonne foi, ce serait un message vers tous les Français", s'est défendu Emmanuel Macron à Grand Bourgtheroulde. "On est au temps du numérique, de l'info en continu, je suis comme ça, je ne changerai pas".

Dans son échange avec quelques journalistes jeudi à l'Elysée, le chef de l'Etat a reconnu que ses "petites phrases" avaient nourri un "procès en humiliation" tout en jugeant ce procès injuste.

"C’est le système qui les isole", a-t-il dit, selon des propos rapportés par Paris Match, Le Figaro, TF1 et BFM TV. "J’ai toujours été sincère et je n’ai jamais voulu blesser".

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