L'exécutif défend l'arrestation du "Gilet jaune" Eric Drouet

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Le gouvernement et la majorité ont défendu jeudi l'interpellation d'un des chefs de file des "Gilets jaunes", Eric Drouet, face aux critiques de l'opposition et des leaders du mouvement qui jugent cette réaction exagérée.
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PARIS (Reuters) - Le gouvernement et la majorité ont défendu jeudi l'interpellation d'un des chefs de file des "Gilets jaunes", Eric Drouet, face aux critiques de l'opposition et des leaders du mouvement qui jugent cette réaction exagérée.

"Quand les gens font des actes délictueux, c'est normal qu'ils soient condamnés ou qu'ils soient en tout cas arrêtés et qu'on leur pose des questions. La République, ce n'est pas l'anarchie", a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin sur CNews.

"Quand quelqu'un organise une manifestation alors qu'elle n'est pas déclarée, eh bien il ne respecte pas le droit, il en tire les conséquences", a renchéri le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur France Inter.

Interrogé sur les critiques de l'opposition et à la question de savoir s'il y avait une "forme de police politique" en France, le Premier ministre Edouard Philippe a quant à lui répondu : "en aucune façon".

"Je n'ai pas de commentaire particulier à faire sur le fonctionnement et de la police et de la justice à qui j'apporte toujours tout mon soutien", a-t-il dit à la presse lors d'un déplacement dans le Val d'Oise jeudi après-midi.

Devenu une figure du mouvement, le chauffeur routier faisait partie d'un groupe de quelques dizaines de "Gilets jaunes" qui essayaient de manifester sur les Champs-Elysées mercredi soir, selon la préfecture de police.

Il a été interpellé rue Royale, à proximité de la grande avenue parisienne, et placé en garde à vue du chef d'organisation d'une manifestation sans déclaration préalable.

A la fin de sa garde à vue jeudi, son avocat Khéops Lara a une nouvelle fois dénoncé une "opération qui est purement et bassement politique et qui n'a rien de juridique".

"ACHARNEMENT"

L'arrestation d'Eric Drouet a engendré une vague de protestations de la part de l'opposition et de membres des "Gilets jaunes".

"Assez de violences, de condamnations et d'interpellations contre les #GiletsJaunes ! Libérez Éric Drouet. Fichez la paix aux porte-voix du peuple", a écrit sur Twitter le président du groupe La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a déclaré son admiration pour cette figure du mouvement.

"On voit bien qu'on est dans une justice à deux vitesses", a dit pour sa part le délégué national du Rassemblement national (RN), Jean-Lin Lacapelle, sur BFMTV. "Que cherche le gouvernement? A essayer de faire pression, d'exercer une déstabilisation du mouvement des 'Gilets jaunes'?"

Pour le député Les républicains (LR), Fabien di Filippo, cette arrestation est "contradictoire" avec le "grand débat national", annoncé par Emmanuel Macron, qui aurait dû commencer, selon lui, il y a plus de deux semaines.

Le membre du collectif des "Gilets jaunes constructifs", David Poulain, qui juge pourtant extrêmes certaines des actions du chauffeur routier, estime que l'arrestation est "exagérée" et la réponse du gouvernement "totalement radicale".

"Eric Drouet avait appelé à faire une commémoration pacifique (...). Le gouvernement répond par le force", a-t-il déclaré sur BFMTV. Il juge que cet évènement met de l'huile sur le feu, au risque de raviver la colère les "Gilets jaunes".

Benjamin Cauchy, autre figure du mouvement, dénonce pour sa part un "acharnement systématique".

La député La République en marche (LaRem), Anne-Claire Lang dit être consciente qu'avec une telle interpellation, "ça va faire naître une polémique". "Mais il faut avoir le courage de dire que l'ordre sera maintenu, et qu'on ne tolérera plus les appels à la violence", a-t-elle dit sur BFMTV.

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