Sa majesté Macron ou le paradoxe de l’immaturité

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Si la fonction présidentielle n’est plus crédible, c’est que nous sommes passés de la souveraineté à la gouvernance, de l’État-nation à l’État start-up, et du père de la nation au manager agile. Macron est le coursier et le représentant historique de cette mutation. Même s'il rêve de retrouver « le double corps du roi ».

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Que l’exercice du pouvoir soit une expérience décevante par nature, il n’y a pas lieu de s’en plaindre ni de s’en étonner tant qu’il s’agit pour le nouvel élu de faire l’épreuve du réel, de mesurer l’étroitesse des marges de manœuvre dont il dispose, de faire face à la déception inévitable de ceux qui vous ont soutenu et à l’hostilité de ceux que vous avez battus. Depuis la crise de 2008, cette décote des illusions au contact du réel s’est aggravée. Tous les gouvernements occidentaux font face à un effondrement de leur crédibilité. En France, la Constitution de la Ve République protège le président de ce discrédit en lui assurant ce que l’opinion lui refuse : les moyens de gouverner dans la durée. Alors qu’importent les états d’âme de l’opinion, les présidents prennent la pose devant l’Histoire qui à n’en pas douter leur rendra justice. Dans l’immédiat, l’important est d’assurer leur réélection et pour cela rester en campagne pendant la durée de leur mandat.