La Commune Saint-Nicaise à Rouen délogée

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Le collectif de la Nuit debout qui occupait l’église Saint-Nicaise à Rouen a été délogé par les forces de l’ordre ce lundi 6 juin au matin. Mais il n’en reste pas moins le bon génie de ce lieu désacralisé et en voie de désaffectation.

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L’une des actions les plus originales du mouvement Nuit debout vient d’être entravée à Rouen. Ce lundi 6 juin, à 8 h 30, les forces de l’ordre sont intervenues pour expulser les occupants de l’église Saint-Nicaise et de son presbytère attenant. Ordonnée par la préfète de la région Normandie, Nicole Klein, cette évacuation est intervenue « en application d’une décision de justice du 13 mai 2016 du tribunal administratif de Rouen », a précisé dans un communiqué la préfecture de Seine-Maritime. Elle a mobilisé une centaine de policiers parmi lesquels des membres d’une unité spéciale de la BRI et de la brigade des stupéfiants.

Sept militants du collectif « La Commune Saint-Nicaise » se trouvaient dans le presbytère lors de l’intervention des forces de l’ordre, qui n’a donné lieu à aucune interpellation. Des pompiers de la ville de Rouen ont procédé à une inspection des lieux et les « communards » présents n’ont pu récupérer que quelques maigres effets sous contrôle d’huissier. Dans l’après-midi, les accès (fenêtres, portes de l’église et du presbytère) étaient soigneusement murés pour contrevenir à toute nouvelle intrusion.

Débutée le 5 mai, cette action du mouvement Nuit debout a vu la création ex nihilo d’un collectif, « La Commune Saint-Nicaise », qui entendait se réapproprier civiquement cette église désacralisée depuis 2012 et en cours de désaffectation. En dépit de la décision du tribunal administratif à leurs dépens, les « communards » avaient entrepris diverses démarches auprès de la mairie socialiste de Rouen, arguant de leurs actions in situ (nettoyage de l’église, protection du patrimoine, tri des archives, jardinage, œuvres sociales de l’ancienne aumônerie…). Elles sont restées lettre morte.

Saint-Nicaise murée © LAM Saint-Nicaise murée © LAM

Mais cette occupation jugée illégale aura réveillé une histoire propre au lieu, dont les « nuitsdeboutistes » auront été le bon génie : une association de sauvegarde de l’église Saint-Nicaise et de son presbytère est en voie de constitution, à laquelle les occupants délogés, plus « communards » que jamais, ont promis d’apporter tout leur soutien.

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