Martine Aubry, sept ans de réfection

Par

De retour au premier plan dans l’avant-congrès socialiste, après sa brillante réélection à la mairie de Lille, Martine Aubry a confirmé son envie de participer à nouveau aux débats nationaux du PS, après s’y être «sentie mal à l’aise ces dernières années». Mais sa "traversée du désert" nordiste fut parsemée de cactus. Mediapart décrypte la renaissance d'une ex-ministre de l'Emploi devenue femme forte du Beffroi.

Lire aussi, comment le PS fait monter les enchères sur la réforme des institutions.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Du repli local comme instrument de renaissance politique. La vie nordiste fut loin d'être un fleuve tranquille pour Martine Aubry. Ministre de l'Emploi dans le gouvernement Jospin, sa nomination a perturbé la mécanique paisible de la transition imaginée par Pierre Mauroy dès 1995. Le passage de relais s'est ainsi prolongé de sept ans, le temps d'un premier mandat local difficilement obtenu en 2001 (49,6% des voix à l'issue d'une triangulaire avec le FN). Maire à temps plein malgré elle, après sa défaite aux législatives de 2002, elle a réussi son implantation locale, intégrant ses codes et définissant les siens propres. Entre redéfinition d'une gestion affranchie de l'héritage Mauroy et autonomisation conflictuelle du socialisme local. Enquête au cœur du système Aubry, ou comment celle que tout le monde condamnait localement est parvenue à redevenir incontournable nationalement.