Enquête sur un tabou: les discriminations à l'école

Par

Si l’on sait depuis longtemps que l’école reproduit les inégalités l’existence de pratiques discriminatoires commence seulement à être étudiée. Mais cette question est loin de faire consensus et le sujet n’a jusqu’ici été abordé qu’avec méfiance par les sciences sociales.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

« La figure la plus détestée par nombre de jeunes : celle du conseiller d’orientation, loin devant celle des policiers. » Telle était l’une des étonnantes conclusions de l’étude menée par Gilles Kepel sur les quartiers de Clichy-sous-Bois. A l’école, le moment de l’orientation est presque toujours douloureux et si le conseiller d’orientation n’y joue qu’un rôle mineur – il conseille et ne décide pas –, c’est lui qui concentre les critiques. Lors de l’orientation s’exprime souvent chez les élèves le sentiment que, peut-être, l’institution scolaire ne les traite pas tous à la même enseigne. « Il y a un ressenti de discrimination chez certains élèves qui vivent comme une profonde injustice le fait de se retrouver dans une filière qu’ils n’ont souvent pas choisie », confirme Séverine Chauvel, sociologue, spécialiste des questions d’orientation.