L'enfouissement de déchets radioactifs à Bure revient en catimini dans la loi Macron

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Un amendement de la droite a été accepté par le gouvernement et ajouté au texte qui a été adopté sans vote ce jeudi à l'Assemblée.

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L'Assemblée nationale a approuvé jeudi 9 juillet le projet d'enfouissement des déchets radioactifs Cigeo (Centre industriel de stockage géologique) situé à Bure (Meuse), au grand dam des écologistes.

Le gouvernement a accepté un amendement du sénateur mosellan Gérard Longuet (Les Républicains), entérinant ce laboratoire géré par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), et le texte a été intégré dans la loi Macron qui a été adoptée sans vote jeudi par l'Assemblée.

Les députés écologistes dénoncent, dans un communiqué, un « insupportable coup de force » du gouvernement qui a fait adopter ce texte  et l'amendement  en utilisant la procédure contraignante du 49-3 alors que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont, affirment-ils, émis de « nombreuses réserves ».

« Il apparaît d'autant plus singulier de se précipiter à entériner une poubelle nucléaire sur un territoire – la Champagne  qui vient d'être classé au patrimoine de l'humanité », soulignent-ils au passage.

Les écologistes, qui qualifient cet amendement de « cavalier législatif », qui n'a rien à voir avec le texte et risque donc d'être inconstitutionnel, estiment que l'exécutif « a franchi une ligne rouge » en agissant ainsi.

Le Cigeo de Bure doit accueillir à partir de 2025 les déchets radioactifs les plus dangereux, qui seraient stockés dans des couches d'argile situées à 500 mètres sous terre.

Ils représentent 3 % du volume des déchets produits par les réacteurs français, mais concentrent 99 % de la radioactivité et doivent rester confinés pendant 100 000 ans avant de ne plus être dangereux pour l'homme.

Après une centaine d'années d'exploitation, le tombeau sera refermé, confinant dans la roche quelque 70 000 m3 de déchets de moyenne activité (MAVL) et 10 000 m3 de déchets vitrifiés de haute activité (HA).

À un mètre de distance de ces derniers, cinq à dix minutes suffisent pour recevoir une dose létale de radioactivité.

En 2009, l'Andra a évalué le coût du projet à 35,9 milliards d'euros dans une étude qui n'inclut pas de scénario prenant en compte le stockage des combustibles usés.

Cigeo sera financé par les producteurs de déchets, à hauteur de 78 % par EDF, de 17 % par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et de 5 % par Areva, selon l'Andra.

(Reuters)

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