Quartier Saint-Jacques à Perpignan: comment le RN s’est emparé du «vote gitan»

Par Prisca Borrel


En gagnant Perpignan, Louis Aliot cumule deux « premières » : il fait tomber dans l’escarcelle du RN la première ville de plus de 100 000 habitants depuis 1995 et il fait basculer l’emblématique quartier Saint-Jacques dans son camp pour la toute première fois. Anatomie d’un vote communautaire.

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En plein cœur du quartier Saint-Jacques à Perpignan, Alain Gimenez, dit « Nounours », fait le ménage. « Il va faire du boulot pour vous, mais vous aussi ! Y a des poubelles à côté, s’il vous plaît, ramassez-moi ça, faites savoir que vous avez la volonté », conseille l’homme à un groupe de jeunes, place du Puig, dont les cadavres de canettes de bière jonchent le sol. « La mairie ne faisait rien, alors c’est nous qui allons le faire en attendant que tout se mette en place. Celui qui déconne, pas de travail, rien ! », menace encore « Nounours », tandis que les garçons s’exécutent sans broncher.