L’embarrassant pétrole français des îles Eparses

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Dans le canal du Mozambique, entre l'Afrique et Madagascar, un ensemble de toutes petites îles françaises suscite la convoitise et attise les tensions diplomatiques. En cause : l'intransigeance de la France au sujet de leur possession et l'autorisation de forage accordée à des compagnies pétrolières par Ségolène Royal, ministre de l'écologie.

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Atolls vierges de toute présence humaine, lagons à la biodiversité foisonnante et colorée : les îles Éparses correspondent jusqu'à la caricature au cliché des îlots tropicaux de l'océan Indien. Cela dit, ce n'est pas pour leur beauté – ni pour leur intérêt environnemental et scientifique – que les îles de Bassas da India, Europa, Tromelin et Juan de Nova apparaissent ces jours-ci sur les agendas des gouvernements français et malgache. L'intérêt de ces deux pays pour ces « confettis de l'empire » français est plutôt à chercher du côté des hydrocarbures. À la fin du mois de septembre 2015, la compagnie nigériane Sapetro et la firme texane Marex Petroleum ont obtenu le renouvellement pour cinq ans de leur autorisation de forage en eaux profondes, précisément autour de ces îles. Et en particulier non loin de l'atoll de Juan de Nova. Pour ce faire, les avocats des deux pétroliers avaient attaqué l’État français devant le tribunal administratif de Saint-Denis de La Réunion, en référé, pour « non-renouvellement implicite de leur autorisation exclusive de prospection pétrolière » dans les eaux françaises de l'océan Indien.